Hyacinthe Hubert Félix Marie Arthur René Beltjens nait à Liège le 22 mai 1879. Il est le fils de Marie-Thérèse Malherbe et d’Arthur Beltjens. Il est issu d’une famille appartenant au milieu judiciaire. Son grand-père, Hubert Beltjens (1808-1874), fut procureur général près la Cour d’appel de Liège ; son oncle, Gustave Beltjens (1835-1909), fut conseiller à la même Cour tandis que son père, Arthur Beltjens (1847-1911), y fut premier avocat général.

René Beltjens suit des études de droit à l’Université de Liège, qu’il termine en 1901. Il est ensuite inscrit plusieurs années au barreau de Liège, en tant que stagiaire d’Albert Capitaine. Il se marie à Bruxelles le 4 juin 1903 avec Gabrielle Sohier, de Monceau-sur-Sambre.

A partir du 2 avril 1906, il devient juge suppléant au Tribunal de première instance de Liège. Le 3 janvier 1907, il est nommé substitut du procureur du Roi à Liège.

Durant la Première Guerre mondiale, il reste à son poste de substitut du procureur du Roi à Liège. Peu après la guerre, le 10 mai 1919, il est désigné au poste de procureur du Roi à Huy. Il mène alors de nombreuses informations contre les trafiquants de guerre, tâche qu’il avait déjà commencée en tant que substitut du procureur à Liège pendant la Guerre. Selon son dossier personnel créé par la Sûreté Publique, il est désigné substitut de l’auditeur militaire en campagne du 13 mai 1919 au 29 juillet 1919.

A partir du 18 mai 1920, il devient substitut du procureur général près la Cour d’appel Liège, fonction qu’il occupe durant neuf années, jusqu’en mai 1929, date à laquelle il est autorisé à porter le titre d’avocat général. Le même mois, il est appelé par le ministre de la Justice, Paul-Emile Janson, du parti libéral, au poste d’administrateur de la Sûreté publique; poste qu’il occupe officiellement à partir du 22 mai 1929, succédant ainsi à Alfred Remy. Cette transition se fit sans heurt, et René Beltjens fut bien accueilli par l’administration. Ce dernier hérite alors d’une Sûreté publique en pleine mutation, à la suite de l’affaire dite du « Faux d’Utrecht », affaire qui marqua la fin de la Sûreté militaire, jusqu’à sa reconstitution en 1937. C’est à lui que revient la charge de réorganiser la Sûreté publique. Cette réorganisation se concentra notamment autour de son personnel, qui venait à manquer, alors que les affaires à traiter étaient de plus en plus nombreuses et que le nombre d’étrangers venant s’installer en Belgique ne cessait d’augmenter.

Malgré sa nouvelle affectation, René Beltjens reste très attaché au milieu judiciaire de Liège, si bien qu’il revenait fréquemment dans sa ville natale, afin de côtoyer ses anciens collègues, ce qui faisait de lui une personne très appréciée.

Au début de sa carrière en tant qu’administrateur, il obtient le titre d’avocat général honoraire. Par la suite, le 7 août 1930, il est admis à la noblesse héréditaire, avec le titre de baron. Il se revendique libéral.

L’administrateur René Beltjens meurt brutalement le 31 mai 1933, à cinquante-quatre ans, des suites d’une affection cardiaque. Robert De Foy lui succède à la tête de la Sûreté publique.

Sources:

  • « Beltjens », dans Oscar Coomans De Brachene, Etat présent de la noblesse belge, annuaire de 2003, Bruxelles, 2003, p. 220.
  • « René Beltjens, administrateur de la sûreté publique est mort », La Meuse,‎ 1er août 1933.
  • « Mort du baron Beltjens », Le Soir,‎ 1er juin 1916
  • « Etat de service de M. Beltjens (baron) », Archives générales du Royaume, Fond ministère de la justice, police des étrangers, n°23.

Hugo Giudice

Notice rédigée dans le cadre du Séminaire d’histoire de la période contemporaine de l’Université catholique de Louvain (LHIST2280, professeur Emmanuel Debruyne). 

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