• A la une,  Anthropologie visuelle,  Collection Anthropologie Prospective,  Compte-rendu d'ouvrage,  Travaux Etudiants Master Anthropologie

    Compte-rendu de l’ouvrage de Valentin Bert, D’où vient le mal(e) ? Ethnographie des masculinités à Palerme 

    Par Alizéa Naso, étudiante en master en anthropologie, UCLouvain.  Avec son ouvrage D’où vient le mal(e) ? Ethnographie des masculinités à Palerme (2025), Valentin Bert nous plonge dans les champs de l’anthropologie du genre et des études sur les masculinités. S’appuyant sur une enquête ethnographique réalisée depuis juillet 2022, il propose une analyse intersectionnelle et située des processus du « devenir homme » dans le contexte palermitain urbain, marqué par de fortes inégalités socio-économiques, un héritage mafieux et des rapports de genre en transformation. Valentin Bert met en lumière des masculinités plurielles et hiérarchisées, évitant de cette façon toute approche homogénéisante. Son objectif central est de saisir comment se construisent et se performent les masculinités – et plus largement le genre – à Palerme, en réfléchissant à ce qu’implique de devenir maschi au sein de contextes sociaux différenciés. Couvrant l’ensemble de la ville, son terrain ethnographique s’appuie sur une méthodologie qualitative qui mêle observation participante, entretiens informels et semi-directifs, récits de vie et photographie. Valentin Bert complète par ailleurs son approche empirique d’une posture réflexive assumée : il interroge sa position d’homme cisgenre blanc privilégié ainsi que son rapport aux valeurs féministes sur le terrain. Organisée en sept chapitres, la monographie retrace d’abord la construction du genre, plus…

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    Deux soutenances de thèse au laboratoire : une diversité de terrains et de problématiques

    Le vendredi 16 janvier, notre laboratoire a eu le plaisir d’assister à la soutenance de deux thèses de doctorat, défendues le même jour par Léopold Beyaert et Gabrielle Fenton. Deux travaux exigeants, ancrés dans des enquêtes ethnographiques approfondies, qui témoignent à la fois de la richesse empirique et de la diversité thématique des recherches menées au sein de notre équipe.  Léopold Beyaert – Des yoïks de jeunes Samis à l’ère de l’extractivisme vert Léopold Beyaert a soutenu une thèse consacrée aux yoïks, formes de chant sami, envisagés comme des pratiques relationnelles, politiques et environnementales contemporaines. Son travail, mené au sein de la communauté samie de Jåhkåmåhkke, explore la manière dont des jeunes Samis mobilisent la parole poétique pour se reconnaître mutuellement, honorer des relations humaines et non humaines, et répondre aux héritages du colonialisme. La thèse met en lumière comment les yoïks prennent place dans des situations contemporaines marquées par des transformations environnementales et économiques, notamment dans le contexte du conflit minier de Gállok. À travers ces chants, les jeunes Samis articulent des formes de résistance, de responsabilité et de réciprocité avec leur environnement, tout en cherchant à préserver les conditions matérielles et philosophiques de leur liberté collective. Gabrielle Fenton – Grassland Ruminations. Dairy Farming in the Land-Water Nexus of the…

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    Colloque « Possédé·e·s – Passionné·e·s »

    Les 3 et 4 décembre 2025, le colloque « Possédé·e·s – Passionné·e·s » s’est tenu à l’UCLouvain et a réuni chercheur·e·s et invité·e·s autour d’une réflexion collective sur les notions de passion et de possession, et sur les dispositifs audiovisuels mobilisés pour en rendre compte en anthropologie. Les matinées ont été consacrées au visionnage et à l’analyse d’une trentaine de films produits autour de cette double thématique. Ces films exploraient des terrains variés et abordaient la passion et la possession à travers des situations et des contextes multiples. Deux axes principaux structuraient les projections. Le premier, celui du portrait de passionné, relevait d’une démarche documentaire centrée sur le regard porté sur l’autre : il s’agissait de filmer des personnes engagées dans une pratique, une croyance ou une activité, afin de saisir les formes d’intensité, d’engagement et de dévouement qui caractérisent leur rapport au monde. Le second axe, le portrait–passion, proposait une approche plus intime et subjective, parfois tournée vers l’expérience du filmeur lui-même, laissant davantage de place aux dimensions sensorielles, émotionnelles et affectives du réel. Ces projections ont donné lieu à des échanges nourris, permettant d’interroger la manière dont les images peuvent rendre compte de phénomènes souvent considérés comme difficilement…

  • A la une,  care,  traces,  vie du laboratoire

    Séminaire du 14 novembre 2025 : Réflexion commune autour du « prendre soin »

    Ce vendredi 14 novembre, le séminaire des chercheurs de notre laboratoire a été consacré à une réflexion collective autour de la notion de « prendre soin ». L’atelier était organisé par Christine Grard et Channel Baquet Abstract du séminaire La notion de « prendre soin » traverse nos discours, nos pratiques et nos interactions au quotidien. S’inscrivant dans la lignée de la définition du terme « care » formulée par la politologue américaine Joan Tronto comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde » , de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible » (Tronto, 2009, p. 143), le « prendre soin » nous renvoie à notre condition d’être exposé à « l’autre », ainsi qu’à notre commune interdépendance et à notre vulnérabilité partagée (Chanial, 2014), manifestées par la batterie de processus relationnels qui soutiennent notre existence (Butler, 2005 citée par Chanial, 2014) au travers d’un réseau de liens sensibles, visibles et invisibles. La notion de « prendre soin » donne ainsi à penser la manière dont se nouent des formes de réciprocité entre humains et non-humains ainsi que la possibilité de tisser un monde commun (Chanial,…

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    Hommage au grand penseur congolais, Valentin-Yves Mudimbe

    C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la mort du grand penseur congolais, philosophe, écrivain, poète et critique littéraire Valentin-Yves Mudimbe. Né en 1941 dans le Congo belge à Jadotville (Likasi), il a vingt ans au moment de la décolonisation des empires européens d’Afrique et de l’indépendance du Congo. Ayant vécu l’éducation monastique bénédictine, Valentin-Yves Mudimbe fut un critique particulièrement aiguisé du processus de disciplinarisation colonial. Son œuvre comprendre deux dimensions rarement associées ensemble faute de traductions : l’une littéraire (et francophone) et l’autre philosophique (et anglophone). Dans la première partie de sa carrière, Mudimbe a écrit quatre romans qui ont fait date dans la littérature africaine francophone et qui sont considérés comme des classiques, dès la sortie de ceux-ci. Cette partie de son œuvre, pourtant incontournable pour les lecteurs congolais et le monde francophone, est malheureusement méconnue du monde anglophone, puisque seul son roman Entre les eaux (1973) a été traduit. Son importance au Congo a été telle que tout Congolais étant allé à l’école a étudié son œuvre littéraire ou en a entendu parler. Cette œuvre littéraire se caractérise par une écriture complexe, dense, méta-textuelle, où la narration devient un lieu de questionnement du langage lui-même.…

  • A la une,  Anthropologie visuelle,  cahier de terrain,  exposition,  identité,  Migrations,  Sicile

    Movimenti a Palermo

    À Palerme, en Sicile, des photographies ethnographiques arborent les murs du quartier de Ballarò. L’exposition « Movimenti a Palermo » est réalisée dans le cadre de la recherche de Valentin Bert. La thèse est financée par la bourse FRESH du FNRS. Depuis le samedi 11 mai 2024, les différentes photos sont visibles à la Via Giuseppe Mario Puglia, en face de Moltivolti. Ce projet représente la ville de Palerme sous ses différentes formes. Plutôt que de chercher à voir les transformations de la capitale de la Sicile sous un seul angle, l’ethnographie permet de comprendre qu’une procession religieuse, une manifestation féministe, des pigeons volants près des poubelles, une partie de scopa  ou un groupe de jeunes en mobylettes sont des objets (re-)créant du sens pour les Palermitains et Palermitaines. Palerme est une ville ségrégée d’un aspect économique et culturel, mais où différents groupes cohabitent. Ainsi d’un regard rapide ou d’une écoute attentive, les personnes comprennent rapidement qui vous êtes et d’où vous venez, simplement en écoutant l’accent, en voyant les gestes et les mouvements. L’extrême droite au pouvoir bouscule et fragilise les rapports entre les différents groupes précarisés et privilégiés. Les politiques économiques comme la diminution drastique du droit au reddito di cittadinanza [un revenu de…

  • A la une,  Anthropologie visuelle,  LAAP,  Publication,  Recherche et création

    Le LAAP (s’)expose !

    Certains d’entre-vous auront peut-être remarqué les imposantes photos disposées sur les bâtiments de la gare de Louvain-La-Neuve depuis le mois de mars. Il s’agit de l’exposition Corps Anthropologiques, organisée conjointement par UCLouvain Culture et le LAAP à l’initiative de la Professeure Anne-Marie Vuillemenot. Celle-ci rassemble des clichés ethnographiques de chercheurs et chercheuses du Laboratoire d’Anthropologie Prospective (LAAP) de l’UCLouvain. Exposées sur les murs de la ville, les photographies s’offrent au regard des passant.es de mi-mars à fin mai 2024. Un QR code accompagne chacun des clichés et donne accès à des podcasts, des textes, des sons et d’autres images. Ces données et commentaires additionnels témoignent de la complexité et de la diversité culturelle liées à la notion de corps, thématique de l’année culturelle 23-24. Du corps actif, au corps dansant, résistant ou souffrant, au corps mort ou absent, à celui qui se re-compose quotidiennement, au corps inscrit dans un milieu particulier ou aux prolongements du corps, chaque cliché ouvre un terrain ethnographique et permet la découverte d’humanités multiples. L’ensemble des photos et des podcasts est accessible via ce lien.

  • A la une,  Anthropologie des catastrophes,  LAAP,  Recherche et création,  Volcans

    Volcan fissuré, âmes fêlées et nouvelles opportunités

    Julie Hermesse, anthropologue (UCLouvain/LAAP) et Caroline Kempeneers, artiste comédienne, sont engagées depuis un an dans une démarche pluridisciplinaire qui explore et interroge l’impact de l’éruption d’un volcan sur l’île de La Palma (Canaries). Elles nous parlent de leur recherche, située au croisement des arts et des sciences, qui fera l’objet d’une présentation publique à Louvain-la-Neuve, au printemps 2024.  C’est dans le cadre d’une subvention « Recherche et Création » obtenue auprès de l’UCLouvain que les autrices de ce papier écrit à quatre mains se sont retrouvées à La Palma en Janvier 2023. Un travail d’investigation de terrain commun s’est imposé à elles : le nouveau volcan Tajogaite. Artiste multidisciplinaire, Caroline Kempeneers vit depuis 2019 sur l’île par intermittence. Elle a pu observer de près et dans ses différentes phases le nouveau volcan et ses impacts. Sa connaissance plurielle des acteur·trice·s de terrain ainsi que son accès aux informations locales relayées par les réseaux sociaux et par la presse ont permis d’ouvrir un large spectre d’investigation et de préparer la collecte de données et le travail ethnographique mené de pair avec l’anthropologue Julie Hermesse. Cette dernière ayant séjourné régulièrement à La Palma s’est vue réinvitée à investiguer dans le champ de…

  • 22 ans du LAAP,  A la une,  colloque

    « Observation participante, monographie, implication : des luxes nécessaires ? »

    Pour célébrer les 22 ans depuis la création de notre Laboratoire d’Anthropologie Prospective, nous avons organisé trois jours de débats  et de discussions autour du devenir de notre discipline anthropologique. Ce fut une joie d’accueillir les multiples intervenants et un public nombreux après 2 années où la pandémie de Covid a mis à mal un des aspects essentiels de la science en général et de notre laboratoire en particulier, à savoir la communauté, les rencontres et les débats.   La multiplicité des débats a démontré l’aspect enrichissant de la rencontre et de la réflexion collective. Nous espérons que nos invités n’auront pas été plongés, comme l’a formulé Mike Singleton, dans un « flux permanent de flous incessants », et qu’au contraire ces trois journées de discussion auront permis d’apporter du moins des pistes de réponses aux questions que nous nous étions posées.  Le deuxième des trois actes de cet évènement, qui a pris place le mercredi 26 octobre, interrogeait la primordialité de l’observation participante, de la monographie et de notre implication en tant qu’anthropologues sur le terrain et à l’université. Pour en discuter, nous avons eu l’occasion d’écouter Simona Taliani (U Torino), Andrea Lobo (U Brasilia), Nathalie Frogneux (UCLouvain), Sten Hagberg (Uppsala U),…

  • A la une,  Accès à l'eau,  Cap-Vert,  Non classé,  Séminaire LAAP

    Organisation sociale par le coutumier droit d’eau de source à Ribeira da Cruz (Cap-Vert)

    Au Nord-Ouest de l’île Santo Antão (archipel du Cap-Vert), Ribeira da Cruz est une vallée agricole montagneuse d’environ 400 habitants. Les activités sociales et économiques tournent autour du travail des cultures, l’irrigation, le ravitaillement des journaliers et la fabrication de l’eau-de-vie de canne à sucre. L’irrigation y est opérationnelle grâce, d’une part, à l’eau de surface (nascente), la plus ancienne eau exploitée, et d’autre part, à l’eau pompée dans les nappes phréatiques (furo) depuis le milieu des années 1990. Contrairement au furo, la nascente est une eau gratuite, et son strict droit d’usage se transmet lors de l’héritage des terres (parfois, par leur achat). S’y jouent des rapports de pouvoir entre celles et ceux qui ont accès à la terre et donc à l’eau nascente. Sa gestion individuelle est régie par le récit fondateur suivant : « No inicio do mundo, au commencement [probablement entre la fin du 18ème et le milieu du19ème siècle], il y a eu les Lima, une famille juive portugaise qui s’est installée à Ribeira da Cruz pour exploiter les terres. Nho Lima/Mr Lima a eu avec son épouse, quatre enfants : José, Pedro, Ma Joana et Rosario. En-dehors du mariage, Nho Lima a eu une cinquième enfant, Mariana, mais…