Deux soutenances de thèse au laboratoire : une diversité de terrains et de problématiques
Le vendredi 16 janvier, notre laboratoire a eu le plaisir d’assister à la soutenance de deux thèses de doctorat, défendues le même jour par Léopold Beyaert et Gabrielle Fenton. Deux travaux exigeants, ancrés dans des enquêtes ethnographiques approfondies, qui témoignent à la fois de la richesse empirique et de la diversité thématique des recherches menées au sein de notre équipe.
Léopold Beyaert – Des yoïks de jeunes Samis à l’ère de l’extractivisme vert
Léopold Beyaert a soutenu une thèse consacrée aux yoïks, formes de chant sami, envisagés comme des pratiques relationnelles, politiques et environnementales contemporaines. Son travail, mené au sein de la communauté samie de Jåhkåmåhkke, explore la manière dont des jeunes Samis mobilisent la parole poétique pour se reconnaître mutuellement, honorer des relations humaines et non humaines, et répondre aux héritages du colonialisme.






La thèse met en lumière comment les yoïks prennent place dans des situations contemporaines marquées par des transformations environnementales et économiques, notamment dans le contexte du conflit minier de Gállok. À travers ces chants, les jeunes Samis articulent des formes de résistance, de responsabilité et de réciprocité avec leur environnement, tout en cherchant à préserver les conditions matérielles et philosophiques de leur liberté collective.
Gabrielle Fenton – Grassland Ruminations. Dairy Farming in the Land-Water Nexus of the Scheldt’s Estuary
Gabrielle Fenton a soutenu une thèse portant sur l’élevage laitier intensif dans l’estuaire de l’Escaut, au croisement des enjeux agricoles, hydrologiques et environnementaux. Son travail ethnographique s’intéresse aux relations complexes que les éleveurs et éleveuses entretiennent avec les prairies laitières, dans un contexte marqué par le changement climatique, le durcissement des normes environnementales et les transformations du paysage.






En suivant de près les pratiques quotidiennes, les négociations autour du niveau de l’eau et les conflits d’usage de la terre, la thèse met en lumière les tensions entre production alimentaire, politiques de conservation de la « nature humide », protection contre les inondations et expansion portuaire. Elle montre comment les agriculteurs et agricultrices tentent de maintenir une activité viable dans une Flandre anthropocénique, où leurs marges de manœuvre se réduisent progressivement.
Ces deux soutenances illustrent avec force la diversité des terrains, des objets et des échelles d’analyse au sein de notre laboratoire : des chants samis face à l’extractivisme en Europe du Nord aux prairies laitières de l’estuaire de l’Escaut, en passant par des réflexions fines sur les relations entre humains, environnements et politiques contemporaines. Deux thèses qui, chacune à leur manière, interrogent les manières d’habiter, de produire et de résister dans un monde en profonde transformation.


