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	<title>Archives des Migrations - Laap</title>
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	<description>Blog du Laboratoire d’Anthropologie Prospective - UCLouvain, Belgique</description>
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	<title>Archives des Migrations - Laap</title>
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		<title>Movimenti a Palermo</title>
		<link>https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/movimenti-a-palermo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Bert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jun 2024 18:40:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Anthropologie visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[cahier de terrain]]></category>
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		<category><![CDATA[Sicile]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Palerme, en Sicile, des photographies ethnographiques arborent les murs du quartier de Ballarò. L’exposition « Movimenti a Palermo » est réalisée dans le cadre de la recherche de Valentin Bert. La thèse est financée par la bourse FRESH du FNRS. Depuis le samedi 11 mai 2024, les différentes photos sont visibles à la Via Giuseppe Mario Puglia, en face de Moltivolti. Ce projet représente la ville de Palerme sous ses différentes formes. Plutôt que de chercher à voir les transformations de la capitale de la Sicile sous un seul angle, l’ethnographie permet de comprendre qu’une procession religieuse, une manifestation féministe, des pigeons volants près des poubelles, une partie de scopa&#160;&#160;ou un groupe de jeunes en mobylettes sont des objets (re-)créant du sens pour les Palermitains et Palermitaines. Palerme est une ville ségrégée d’un aspect économique et culturel, mais où différents groupes cohabitent. Ainsi d’un regard rapide ou d’une écoute attentive, les personnes comprennent rapidement qui vous êtes et d’où vous venez, simplement en écoutant l’accent, en voyant les gestes et les mouvements. L’extrême droite au pouvoir bouscule et fragilise les rapports entre les différents groupes précarisés et privilégiés. Les politiques économiques comme la diminution drastique du droit au reddito di cittadinanza [un revenu de base] paupérisent toute une partie de la population déjà vulnérable. Ceci renforce la filière des métiers informels, principalement contrôlée par la Mafia. Dans un même mouvement, certains hommes sont insécurisés car ils ne peuvent plus toujours réaliser ce que l’on attend d’eux, comme subvenir au besoin économique de la famille, mais aussi parce que la domination masculine est remise en question. Être un&#160;maschio&#160;[un mâle] est une identité sicilienne, des valeurs qu’ils cherchent à maintenir dans une société en transformation. Une résistance face à des rapports de pouvoirs changeants. Ces mêmes politiques affectent les hommes en situation de migration qui sont eux aussi précarisés par leur statut institutionnel illégal et par leur couleur de peau. Dans une position incertaine, ils doivent accepter le travail lié au banditisme, mais en plus de cela, le risque de se faire agresser, voler ou tuer, car l’État n’agit pas pour eux ou parce qu’ils ont peur d’être en contact avec celui-ci par crainte d’être renvoyé.&#160; Ensuite, le gouvernement augmente la présence des forces de l’ordre dans les rues. Pourtant, les Palermitains et Palermitaines ne se sentent pas en sécurité. Au contraire, l’État semble loin, absent : on ne ramasse pas les déchets, la Police ne serait là que pour certaines parties de la population et ne défend pas les gens. La justice populaire et rapide des quartiers précarisés est réprimandée par la Police et la justice institutionnelle. L’identité des civilizzati, educati, puzza sotto l’nazo, snob [civilisé, éduqué, l’odeur sous le nez, les snobs] se construit en opposition aux bassa-classe, selvaggi, tascio, i ragazzi di colori [basse-classe, les sauvages, les kékés, les gens de couleurs]. Dans ces transformations, ces différents groupes se retrouvent en opposition, en plus du fait que le tourisme de masse amène en ville des touristes qui ne sont pas toujours bien vu. Les insultes, les agressions, le maintien d’habitudes transmises par les parents comme la participation aux confraternita [fraternités], faire du bruit, servent à plusieurs éléments. Cela permet par exemple de gagner de l’argent en surjouant une sicilianité pour les touristes sur les marchés et dans les magasins. Ensuite, cela permet de transmettre des habitudes, d’actualiser une identité commune et de maintenir des modes, de faire la cuisine, les fêtes, les musiques que l’on écoute, la manière de s’habiller et de parler. La langue sicilienne est d’ailleurs intéressante pour cela. À Palerme, le sicilien ou le palermitain sont des langues vues comme celles des gens non éduqués, indietro, terra-terra [en arrière, terre à terre] alors que l’italien est le symbole des gens éduqués et modernes.  Enfin, les mouvements féministes mais aussi les femmes des quartiers populaires n’acceptent plus la violence masculine. Les femmes ne se sentent pas en sûreté. Alors que la présence policière augmente, elle est considérée absente, et la justice ne soutient pas les femmes. La réputation permet de se tenir éloigner des quartiers ou des familles que les gens ne doivent pas côtoyer. Elle s’articule avec la&#160;vendetta&#160;&#160;[vengeance visant à rétablir l’honneur d’un nom de famille ou d&#8217;une personne] mais la justice institutionnelle remet en question ce mode de faire justice. Les hommes plus privilégiés adoptent un discours nommé féministe, se présentant comme alliés, en opposition aux hommes des quartiers populaires qui sont&#160;selvaggi&#160;[sauvages], in diettro&#160;[en arrière]. Ainsi, en remettant en doute une manière de faire justice ou une manière d’être homme, ils adaptent leurs discours pour être bien vus tout en maintenant une position dominante. De plus, Les LGBTQIA+ militent dans la rue pour lutter à la fois contre les politiques d’extrême droite comme les lois discriminant les familles homoparentales, mais aussi contre les violences faites aux femmes. Cette exposition permet de mettre en image ces différents croisements, mouvements et groupes qui coexistent dans une ville. Dans une même logique, l’exposition est disponible dans les rues de Palerme, car c’est un passage emprunté par des personnes de différents horizons. L’exposition se terminera quand Palerme aura décidé de digérer les photos, que cela soit par la disparition, la dégradation, ou le vol ou qu’une autre exposition soit proposée.&#160;</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/movimenti-a-palermo/">Movimenti a Palermo</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À Palerme, en Sicile, des photographies ethnographiques arborent les murs du quartier de Ballarò. L’exposition « <strong><em>Movimenti a Palermo </em></strong><em>» </em>est réalisée dans le cadre de la recherche de Valentin Bert. La thèse est financée par la bourse FRESH du FNRS. Depuis le samedi 11 mai 2024, les différentes photos sont visibles à la Via Giuseppe Mario Puglia, en face de Moltivolti.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Ce projet représente la ville de Palerme sous ses différentes formes. Plutôt que de chercher à voir les transformations de la capitale de la Sicile sous un seul angle, l’ethnographie permet de comprendre qu’une procession religieuse, une manifestation féministe, des pigeons volants près des poubelles, une partie de scopa&nbsp;&nbsp;ou un groupe de jeunes en mobylettes sont des objets (re-)créant du sens pour les Palermitains et Palermitaines.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-9314" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-1024x683.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-300x200.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-768x512.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-1536x1024.jpg 1536w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-2048x1365.jpg 2048w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0070-2-1140x760.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Palerme est une ville ségrégée d’un aspect économique et culturel, mais où différents groupes cohabitent. Ainsi d’un regard rapide ou d’une écoute attentive, les personnes comprennent rapidement qui vous êtes et d’où vous venez, simplement en écoutant l’accent, en voyant les gestes et les mouvements. L’extrême droite au pouvoir bouscule et fragilise les rapports entre les différents groupes précarisés et privilégiés. Les politiques économiques comme la diminution drastique du droit au reddito di cittadinanza [un revenu de base] paupérisent toute une partie de la population déjà vulnérable. Ceci renforce la filière des métiers informels, principalement contrôlée par la Mafia. Dans un même mouvement, certains hommes sont insécurisés car ils ne peuvent plus toujours réaliser ce que l’on attend d’eux, comme subvenir au besoin économique de la famille, mais aussi parce que la domination masculine est remise en question. Être un&nbsp;<em>maschio&nbsp;</em>[un mâle] est une identité sicilienne, des valeurs qu’ils cherchent à maintenir dans une société en transformation. Une résistance face à des rapports de pouvoirs changeants. Ces mêmes politiques affectent les hommes en situation de migration qui sont eux aussi précarisés par leur statut institutionnel illégal et par leur couleur de peau. Dans une position incertaine, ils doivent accepter le travail lié au banditisme, mais en plus de cela, le risque de se faire agresser, voler ou tuer, car l’État n’agit pas pour eux ou parce qu’ils ont peur d’être en contact avec celui-ci par crainte d’être renvoyé.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-9316" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-1024x683.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-300x200.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-768x512.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-1536x1024.jpg 1536w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-2048x1365.jpg 2048w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0143-1140x760.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, le gouvernement augmente la présence des forces de l’ordre dans les rues. Pourtant, les Palermitains et Palermitaines ne se sentent pas en sécurité. Au contraire, l’État semble loin, absent : on ne ramasse pas les déchets, la Police ne serait là que pour certaines parties de la population et ne défend pas les gens. La justice populaire et rapide des quartiers précarisés est réprimandée par la Police et la justice institutionnelle. L’identité des <em>civilizzati, educati, puzza sotto l’nazo, snob</em> [civilisé, éduqué, l’odeur sous le nez, les snobs] se construit en opposition aux <em>bassa-classe, selvaggi, tascio, i ragazzi di colori [</em>basse-classe, les sauvages, les kékés, les gens de couleurs]. Dans ces transformations, ces différents groupes se retrouvent en opposition, en plus du fait que le tourisme de masse amène en ville des touristes qui ne sont pas toujours bien vu. Les insultes, les agressions, le maintien d’habitudes transmises par les parents comme la participation aux <em>confraternita</em> [fraternités], faire du bruit, servent à plusieurs éléments. Cela permet par exemple de gagner de l’argent en surjouant une <em>sicilianité</em> pour les touristes sur les marchés et dans les magasins. Ensuite, cela permet de transmettre des habitudes, d’actualiser une identité commune et de maintenir des modes, de faire la cuisine, les fêtes, les musiques que l’on écoute, la manière de s’habiller et de parler. La langue sicilienne est d’ailleurs intéressante pour cela. À Palerme, le <em>sicilien</em> ou le <em>palermitain</em> sont des langues vues comme celles des gens non éduqués, <em>indietro, terra-terra </em>[en arrière, terre à terre] alors que l’italien est le symbole des gens éduqués et modernes. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-9318" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-1024x683.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-300x200.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-768x512.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-1536x1024.jpg 1536w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-2048x1365.jpg 2048w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0135-1140x760.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les mouvements féministes mais aussi les femmes des quartiers populaires n’acceptent plus la violence masculine. Les femmes ne se sentent pas en sûreté. Alors que la présence policière augmente, elle est considérée absente, et la justice ne soutient pas les femmes. La réputation permet de se tenir éloigner des quartiers ou des familles que les gens ne doivent pas côtoyer. Elle s’articule avec la&nbsp;<em>vendetta&nbsp;</em>&nbsp;[vengeance visant à rétablir l’honneur d’un nom de famille ou d&rsquo;une personne] mais la justice institutionnelle remet en question ce mode de faire justice. Les hommes plus privilégiés adoptent un discours nommé féministe, se présentant comme alliés, en opposition aux hommes des quartiers populaires qui sont&nbsp;<em>selvaggi&nbsp;</em>[sauvages]<em>, in diettro&nbsp;</em>[en arrière]. Ainsi, en remettant en doute une manière de faire justice ou une manière d’être homme, ils adaptent leurs discours pour être bien vus tout en maintenant une position dominante. De plus, Les LGBTQIA+ militent dans la rue pour lutter à la fois contre les politiques d’extrême droite comme les lois discriminant les familles homoparentales, mais aussi contre les violences faites aux femmes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-9317" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-1024x683.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-300x200.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-768x512.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-1536x1024.jpg 1536w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-2048x1365.jpg 2048w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2024/06/DSC_0115-1140x760.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exposition permet de mettre en image ces différents croisements, mouvements et groupes qui coexistent dans une ville. Dans une même logique, l’exposition est disponible dans les rues de Palerme, car c’est un passage emprunté par des personnes de différents horizons. L’exposition se terminera quand Palerme aura décidé de digérer les photos, que cela soit par la disparition, la dégradation, ou le vol ou qu’une autre exposition soit proposée.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/movimenti-a-palermo/">Movimenti a Palermo</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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		<title>« Là où le soleil ne brûle pas » de Jacinthe Mazzocchetti:  une ethnofiction sensible de vécus pré-migratoires.</title>
		<link>https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/la-ou-le-soleil-ne-brule-pas-de-jacinthe-mazzocchetti-une-ethnofiction-sensible-de-vecus-pre-migratoires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Loodts]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2021 10:31:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[ethnofiction]]></category>
		<category><![CDATA[Migrations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jacinthe Mazzocchetti est anthropologue (LAAP), mais aussi autrice de recueil de nouvelles (La vie par effraction paru aux Éditions Quadrature) et de romans.&#160; Interview de Jacinthe Mazzocchetti par Chloé Allen.&#160; C. A.&#160;: Votre roman –&#160;Là où le soleil ne brûle pas&#160;&#160;(Academia/Littérature, 2019) – est un roman, ou les voix, les histoires et trajectoires se mêlent, s’entremêlent pour raconter le départ de quatre jeunes africain.e.s qui quittent le continent africain, au départ de la Lybie pour rejoindre l’Europe. Ces histoires se nourrissent l’une l’autre et amènent peu à peu le lecteur ou la lectrice à se rendre compte de l’incroyable singularité des parcours et raisons de départ. Elles nous disent aussi les enjeux sociopolitiques et économiques sous-jacents qui amènent ces quatre personnes à se retrouver sur le même bateau. Ensemble ces voix deviennent un chant, celui du désir de changement de jeunes africain.e.s en quêtes d’horizons, d’espoir, un chant bafoué aussi par l’Europe et ses politiques migratoires. La quatrième de couverture explicite qu’il s’agit d’un roman choral, qu’entendez-vous par là&#160;? Pourriez-vous brièvement nous parler de ces quatre personnages&#160;et ce qui les relie&#160;? J. M. : Un roman choral est un roman où des histoires sont racontées en miroir les unes des autres, où les récits, à la fois singuliers et à la fois de progressives rencontres, forment un chœur, comme en musique où chaque instrument vibre de sa propre voix, mais où, ensemble, ils deviennent symphonie et racontent tout autre chose. C’est exactement ce que j’ai cherché à faire dans ce roman. Chaque personnage a son histoire, qui est énoncée indépendamment de celle des autres, mais la rencontre, via le moment de la traversée, permet de mettre en avant ce qui transcende les trajectoires individuelles. D’un côté, les rêves, les espoirs de sécurité, de dignité, de liberté. De l’autre, les colères, les souffrances et les violences, de petites et de grandes échelles, notamment les violences politiques dans leur pays d’origine, dans les rapports Nord-Sud, en Lybie, et, bien entendu, les violences des politiques migratoires européennes, la criminalisation et la militarisation des frontières qui les obligent à risquer leur vie pour espérer vivre.    C. A. : Ce roman mets des visages, dignes, authentique, humains également sur ces personnes qu’on appelle « les migrants », et montre que l’exil, rêve d’ailleurs seulement à défaut d’un ici meilleur, à un prix. Le prix de la traversée, mais surtout celui des personnes laissées sur les routes, des terres vendues, des familles déchirées et des violences impensables malheureusement devenues ordinaires de l’exil. Votre expérience en tant qu’anthropologue en Afrique de l’Ouest et au Burkina Faso nous plonge réellement dans l’univers sensible des personnages : dans les ruelles, les champs, les odeurs de marché et celles des bars et discothèques de Ouagadougou. Le/la lecteur.rice s’immerge dans les conversations et traverse, un instant, les inquiétudes, les tourments des personnes avec qui vous avez passé de nombreuses années de vie et de terrain. Quelle place souhaitez-vous donner, par la fiction, aux récits migratoires singuliers dans votre travail à la fois d’autrice et d’anthropologue ? J. M. : La question des récits est en effet essentielle, car elle permet de mettre des noms, des visages, de s’identifier, de s’attacher, de raconter à partir d’une histoire singulière comment l’Histoire se donne à vivre, s’incarne. Cette place est pour moi importante, tant en anthropologie, où les interprétations qui nous permettent de saisir des processus transversaux se donnent à entendre, à voir, à sentir, à ressentir au travers des personnes rencontrées ; qu’en littérature. Le fait de passer ici par la fiction permet d’aller plus loin encore dans le rendu de l’intime, des non-dits, des violences et des résistances via l’incorporation, mais aussi le travail d’écriture. En racontant des histoires, comme on le fait avec les enfants, on emmène, on emporte, on bouscule et, petit à petit, parfois, se déplacent les frontières, les barrières, s’ouvrent de nouvelles discussions, se déposent de nouvelles questions. La littérature fait rencontre autrement. Elle permet d’aller vers d’autres publics. Par la voie de l’intime et celle de l’esthétique, elle se fait politique lorsque le/la lecteur.rice ne peut en sortir indemne.   C. A. : Vous mettez en scène des parcours empreints d’une violence parfois inouïe, parfois ordinaire sans tomber dans le voyeurisme, avec une pudeur respectueuse de l’intimité des personnages, votre écriture sensible ne gomme ou ne sous-estime en aucun cas la gravité de faits quotidiens vécus pendant les trajectoires migratoires des protagonistes. Comment avez-vous appréhendé l’écriture de cette violence ? Comment mesurer ce qu’il faut dire et ce qu’il faut taire ?  J. M. : Les situations, les vécus sont violents. Je pense qu’il est important de ne pas taire ce contexte, tout en ne tombant pas dans le récit larmoyant. Je voulais que les lecteurs, les lectrices s’attachent aux personnages et soient confrontés à ces violences, et pour cela, une écriture sensible, qui passe par le corps, les sensations, les émotions est nécessaire, sans pour autant tomber dans le mélodramatique et/ou la posture du donneur de leçon. Je raconte. Je ne dis pas au lecteur, à la lectrice ce qu’il/elle doit en penser. L’écriture est à la fois cinématographique et intimiste, mais elle ne dit pas tout, elle laisse la possibilité de se glisser dans les silences, les images, les fins ouvertes. En dire assez pour que l’attachement joue, mais ne pas tomber dans les excès. Pour moi, forcer l’émotion n’est pas nécessaire, avec le risque de provoquer des sentiments de pitié, sentiments qui enferment, réduisent la vie de mes personnages, héros/héroïnes des temps présents. Je me souviens d’une discussion avec des lecteurs, des lectrices autour d’une scène de viol. Choqué.e.s, supris.e.s, que je ne prenne pas, dans l’écriture, le temps des larmes. Il s’agit de Marie, jeune mère, qui fuit la guerre en Côte d’Ivoire. Immédiatement après le viol, elle se relève, elle poursuit sa route, elle nourrit son enfant, elle avance. Ce qu’elle a vécu est là, gravé en elle, gravé en vous, mais elle a cette force de ne pas renoncer, et c’est cela aussi que je voulais raconter.       C. A. : Vous avez fait le choix d’écrire le parcours de deux jeunes femmes, Marie et Ramatou. Dans ces deux histoires apparaît l’importance de la sororité face aux violences de l’exil, du confort et de la protection que cela permet. Qu’est-ce que ces personnages racontent de la complicité entre femmes, des espaces de repli en non-mixité et de recomposition précaire de familles choisies ?  J. M.&#160;: Oui, en parallèle des violences, je voulais raconter les lieux-refuges, les solidarités, les liens qui portent. Parmi ces liens, d’un côté, j’ai accordé une place importante à la parentalité, les enfants, les parents qui guident, soutiennent, s’inquiètent, attendent. De l’autre, notamment dans les histoires de Marie et Ramatou en effet, je voulais raconter les soutiens de cours de route, les rencontres qui sauvent, les amitiés indéfectibles, les familles électives. Les parcours migratoires, rendus irréguliers par nos politiques, sont violents pour toutes et tous, mais davantage encore pour les femmes, prises dans des rapports de pouvoir déséquilibrés, dans les pays de naissance, en chemin, ici, et, aux prises avec les violences de genre et les violences sexuelles. Faire face suppose parfois de trouver écoute, respect, dignité, soutien dans des espaces de non-mixité où se sentir en sécurité, mais aussi en sororité, sans avoir besoin de justifier quoi que ce soit, complices par le commun des vécus.&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/la-ou-le-soleil-ne-brule-pas-de-jacinthe-mazzocchetti-une-ethnofiction-sensible-de-vecus-pre-migratoires/">« Là où le soleil ne brûle pas » de Jacinthe Mazzocchetti:  une ethnofiction sensible de vécus pré-migratoires.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Jacinthe Mazzocchetti est anthropologue (LAAP), mais aussi autrice de recueil de nouvelles (<em>La vie par effraction</em> paru aux Éditions Quadrature) et de romans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Interview de Jacinthe Mazzocchetti par Chloé Allen.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C. A.&nbsp;: Votre roman –&nbsp;<em>Là où le soleil ne brûle pas</em>&nbsp;&nbsp;(Academia/Littérature, 2019) – est un roman, ou les voix, les histoires et trajectoires se mêlent, s’entremêlent pour raconter le départ de quatre jeunes africain.e.s qui quittent le continent africain, au départ de la Lybie pour rejoindre l’Europe. Ces histoires se nourrissent l’une l’autre et amènent peu à peu le lecteur ou la lectrice à se rendre compte de l’incroyable singularité des parcours et raisons de départ. Elles nous disent aussi les enjeux sociopolitiques et économiques sous-jacents qui amènent ces quatre personnes à se retrouver sur le même bateau. Ensemble ces voix deviennent un chant, celui du désir de changement de jeunes africain.e.s en quêtes d’horizons, d’espoir, un chant bafoué aussi par l’Europe et ses politiques migratoires. La quatrième de couverture explicite qu’il s’agit d’un roman choral, qu’entendez-vous par là&nbsp;? Pourriez-vous brièvement nous parler de ces quatre personnages&nbsp;et ce qui les relie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J. M. : Un roman choral est un roman où des histoires sont racontées en miroir les unes des autres, où les récits, à la fois singuliers et à la fois de progressives rencontres, forment un chœur, comme en musique où chaque instrument vibre de sa propre voix, mais où, ensemble, ils deviennent symphonie et racontent tout autre chose. C’est exactement ce que j’ai cherché à faire dans ce roman. Chaque personnage a son histoire, qui est énoncée indépendamment de celle des autres, mais la rencontre, via le moment de la traversée, permet de mettre en avant ce qui transcende les trajectoires individuelles. D’un côté, les rêves, les espoirs de sécurité, de dignité, de liberté. De l’autre, les colères, les souffrances et les violences, de petites et de grandes échelles, notamment les violences politiques dans leur pays d’origine, dans les rapports Nord-Sud, en Lybie, et, bien entendu, les violences des politiques migratoires européennes, la criminalisation et la militarisation des frontières qui les obligent à risquer leur vie pour espérer vivre.   </p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="845" height="633" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image3.png" alt="" class="wp-image-6283" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image3.png 845w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image3-300x225.png 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image3-768x575.png 768w" sizes="auto, (max-width: 845px) 100vw, 845px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">C. A. : Ce roman mets des visages, dignes, authentique, humains également sur ces personnes qu’on appelle « les migrants », et montre que l’exil, rêve d’ailleurs seulement à défaut d’un ici meilleur, à un prix. Le prix de la traversée, mais surtout celui des personnes laissées sur les routes, des terres vendues, des familles déchirées et des violences impensables malheureusement devenues ordinaires de l’exil. Votre expérience en tant qu’anthropologue en Afrique de l’Ouest et au Burkina Faso nous plonge réellement dans l’univers sensible des personnages : dans les ruelles, les champs, les odeurs de marché et celles des bars et discothèques de Ouagadougou. Le/la lecteur.rice s’immerge dans les conversations et traverse, un instant, les inquiétudes, les tourments des personnes avec qui vous avez passé de nombreuses années de vie et de terrain. Quelle place souhaitez-vous donner, par la fiction, aux récits migratoires singuliers dans votre travail à la fois d’autrice et d’anthropologue ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J. M. : La question des récits est en effet essentielle, car elle permet de mettre des noms, des visages, de s’identifier, de s’attacher, de raconter à partir d’une histoire singulière comment l’Histoire se donne à vivre, s’incarne. Cette place est pour moi importante, tant en anthropologie, où les interprétations qui nous permettent de saisir des processus transversaux se donnent à entendre, à voir, à sentir, à ressentir au travers des personnes rencontrées ; qu’en littérature. Le fait de passer ici par la fiction permet d’aller plus loin encore dans le rendu de l’intime, des non-dits, des violences et des résistances via l’incorporation, mais aussi le travail d’écriture. En racontant des histoires, comme on le fait avec les enfants, on emmène, on emporte, on bouscule et, petit à petit, parfois, se déplacent les frontières, les barrières, s’ouvrent de nouvelles discussions, se déposent de nouvelles questions. La littérature fait rencontre autrement. Elle permet d’aller vers d’autres publics. Par la voie de l’intime et celle de l’esthétique, elle se fait politique lorsque le/la lecteur.rice ne peut en sortir indemne.  </p>



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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image2.png" alt="" class="wp-image-6273" width="579" height="778" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image2.png 627w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/image2-223x300.png 223w" sizes="auto, (max-width: 579px) 100vw, 579px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">C. A. : Vous mettez en scène des parcours empreints d’une violence parfois inouïe, parfois ordinaire sans tomber dans le voyeurisme, avec une pudeur respectueuse de l’intimité des personnages, votre écriture sensible ne gomme ou ne sous-estime en aucun cas la gravité de faits quotidiens vécus pendant les trajectoires migratoires des protagonistes. Comment avez-vous appréhendé l’écriture de cette violence ? Comment mesurer ce qu’il faut dire et ce qu’il faut taire ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">J. M. : Les situations, les vécus sont violents. Je pense qu’il est important de ne pas taire ce contexte, tout en ne tombant pas dans le récit larmoyant. Je voulais que les lecteurs, les lectrices s’attachent aux personnages et soient confrontés à ces violences, et pour cela, une écriture sensible, qui passe par le corps, les sensations, les émotions est nécessaire, sans pour autant tomber dans le mélodramatique et/ou la posture du donneur de leçon. Je raconte. Je ne dis pas au lecteur, à la lectrice ce qu’il/elle doit en penser. L’écriture est à la fois cinématographique et intimiste, mais elle ne dit pas tout, elle laisse la possibilité de se glisser dans les silences, les images, les fins ouvertes. En dire assez pour que l’attachement joue, mais ne pas tomber dans les excès. Pour moi, forcer l’émotion n’est pas nécessaire, avec le risque de provoquer des sentiments de pitié, sentiments qui enferment, réduisent la vie de mes personnages, héros/héroïnes des temps présents. Je me souviens d’une discussion avec des lecteurs, des lectrices autour d’une scène de viol. Choqué.e.s, supris.e.s, que je ne prenne pas, dans l’écriture, le temps des larmes. Il s’agit de Marie, jeune mère, qui fuit la guerre en Côte d’Ivoire. Immédiatement après le viol, elle se relève, elle poursuit sa route, elle nourrit son enfant, elle avance. Ce qu’elle a vécu est là, gravé en elle, gravé en vous, mais elle a cette force de ne pas renoncer, et c’est cela aussi que je voulais raconter.      </p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="845" height="631" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/Image4.png" alt="" class="wp-image-6293" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/Image4.png 845w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/Image4-300x224.png 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/02/Image4-768x574.png 768w" sizes="auto, (max-width: 845px) 100vw, 845px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">C. A. : Vous avez fait le choix d’écrire le parcours de deux jeunes femmes, Marie et Ramatou. Dans ces deux histoires apparaît l’importance de la sororité face aux violences de l’exil, du confort et de la protection que cela permet. Qu’est-ce que ces personnages racontent de la complicité entre femmes, des espaces de repli en non-mixité et de recomposition précaire de familles choisies ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">J. M.&nbsp;: Oui, en parallèle des violences, je voulais raconter les lieux-refuges, les solidarités, les liens qui portent. Parmi ces liens, d’un côté, j’ai accordé une place importante à la parentalité, les enfants, les parents qui guident, soutiennent, s’inquiètent, attendent. De l’autre, notamment dans les histoires de Marie et Ramatou en effet, je voulais raconter les soutiens de cours de route, les rencontres qui sauvent, les amitiés indéfectibles, les familles électives. Les parcours migratoires, rendus irréguliers par nos politiques, sont violents pour toutes et tous, mais davantage encore pour les femmes, prises dans des rapports de pouvoir déséquilibrés, dans les pays de naissance, en chemin, ici, et, aux prises avec les violences de genre et les violences sexuelles. Faire face suppose parfois de trouver écoute, respect, dignité, soutien dans des espaces de non-mixité où se sentir en sécurité, mais aussi en sororité, sans avoir besoin de justifier quoi que ce soit, complices par le commun des vécus.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/la-ou-le-soleil-ne-brule-pas-de-jacinthe-mazzocchetti-une-ethnofiction-sensible-de-vecus-pre-migratoires/">« Là où le soleil ne brûle pas » de Jacinthe Mazzocchetti:  une ethnofiction sensible de vécus pré-migratoires.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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