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	<title>Archives des Coronavirus - Laap</title>
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	<description>Blog du Laboratoire d’Anthropologie Prospective - UCLouvain, Belgique</description>
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	<title>Archives des Coronavirus - Laap</title>
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		<title>La chauve-souris, responsable du Coronavirus? Pas sûr !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Joseph Laurent]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Mar 2021 09:03:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>par Frédéric Laugrand, chercheur au sein du Laboratoire d’anthropologie prospective, professeur à l’UCLouvain Depuis le début de la pandémie, la chauve-souris est accusée d’avoir transmis le virus du SARS-Cov-2 à l’humain. Vrai ? En dépit d’un génome dont la structure est à 96% identique, aucune preuve scientifique ne permet encore de l’affirmer avec certitude. Par contre, le chiroptère pourrait être un allié précieux pour lutter contre le désastre écologique que nous vivons. Certains peuples autochtones des Philippines et d’Océanie vivent depuis longtemps avec la chauve-souris. Ils la respecte. L’anthropologue Frédéric Laugrand a rencontré plusieurs de ces ethnies. (dessein de Diniaté Pooda, in Miclèle Cros ) Pourquoi les chauves-souris sont-elles montrées du doigt aujourd’hui? «&#160;Dans n’importe quel type de crise ou de pandémie, la recherche d’un coupable est un réflexe, une réaction typique de la sidération. Assommés par ce qu’ils vivent, les gens tentent de trouver un bouc émissaire&#160;», explique Frédéric Laugrand, chercheur au sein du Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCLouvain. La chauve-souris a réveillé un imaginaire profondément ancré dans nos esprits. Elle apparait depuis longtemps comme monstrueuse et maléfique. Pour des raisons physiologiques et biologiques, la chauve-souris est, certes, une espèce réservoir de nombreux virus transmissibles à l’homme comme la rage, les lyssavirus, le syndrome respiratoire (sras) ou Ebola. Mais bien d’autres animaux le sont aussi. On a toutefois immédiatement accusé la chauve-souris d’être responsable de la pandémie du Covid-19, sans preuve scientifique. Détestée, certains ont voulu l’éliminer. En Asie, des peuples autochtones qui vivent au contact de ces animaux voient les choses bien différemment. Ils considèrent les chauves-souris, appelées aussi roussettes, comme de précieuses alliées. Certains en ont fait un animal de compagnie, d’autres s’en inspirent dans les rituels d’initiation. Les Aborigènes d’Australie l’incluent dans leurs systèmes de parenté. A Samoa elle est une divinité. Une espèce respectée Avec son équipe, Frédéric Laugrand travaille depuis plusieurs années à documenter les savoirs des populations autochtones des Philippines et de l’Austronésie. Il a étudié plus spécifiquement les pratiques de quelques groupes qui côtoient depuis très longtemps ces mammifères volants, en montagne, en bord de mer ou dans les plaines. «&#160;Je me suis aperçu que les chauves-souris jouaient un rôle important dans plusieurs de ces sociétés&#160;», explique l’anthropologue. Les Alangans sont des chasseurs. Ils vivent sur l’île de Mindoro, dans des espaces forestiers ou agricoles. Pour eux, les chauves-souris sont présentées en termes de coopération. Elles font tomber des fruits qui leur sont autrement inaccessibles et aident à la reforestation grâce à leurs excréments. «&#160;Leur viande est considérée comme exceptionnelle sur le plan du goût mais surtout parce qu’elle régénère le corps et l’esprit. Elle purifie et vivifie la personne&#160;». Les chauves-souris rendent service parce qu’elles pollinisent et reforestent. Elles enrichissent le biotope et préservent l’environnement. Elles doivent donc être respectées. Les Aytas vivent au nord des Philippines, près d’une ancienne base militaire. L’espace a été protégé pendant de nombreuses années. La biodiversité y est probablement restée plus importante. Cette population est en contact avec de nombreuses espèces de chauves-souris. «&#160;Les Aytas les considèrent comme faisant partie de leur propre monde, habitant la même maison, c’est-à-dire la forêt. Ils les consomment car elles sont bénéfiques pour la vitalité humaine. Leur sang régénère l’organisme et le cerveau&#160;». Des qualités bien éloignées de celles que les Occidentaux prêtent à ces animaux dont ils se méfient. Le vivre ensemble Les autochtones d’Asie qui cohabitent harmonieusement avec les chauves-souris ont beaucoup à nous apprendre. Sur le plan de la biologie et de l’éthologie notamment, mais aussi pour comprendre comment se protéger des maladies zoonotiques. Dans le cas précis de la pandémie du Covid-19, on a soupçonné le pangolin d’être l’animal hôte intermédiaire de la chauve-souris avant d’atteindre l’humain. Cette hypothèse est aujourd’hui mise à l’écart. «&#160;Pour comprendre les zoonoses, il est fondamental d’étudier à la fois les relations interspécifiques des chauves-souris, c’est-à-dire les rapports qu’elles entretiennent avec les hommes et d’autres animaux, et les savoirs des humains&#160;» explique l’expert. Observer dans quelles conditions certaines populations vivent au contact des chauves-souris permet d’évaluer la dangerosité de cette proximité. «&#160;Le défi est de comprendre comment vivre ensemble. Les autochtones ont une vision particulière de ce que nous appelons la nature. Celle-ci fait partie intégrante de leur vie. Ils ont conscience que l’humain est vulnérable. Il n’est qu’un maillon parmi d’autres dans une chaîne de relations. La Covid-19 nous le&#160;rappelle&#160;: nous ne sommes pas seuls, indépendants et préservés des virus. Nous sommes interdépendants&#160;». Une alliée précieuse Plusieurs espèces de chauves-souris sont aujourd’hui menacées. En cause&#160;? La diminution de la biodiversité dans le monde, la surpopulation, l’urbanisation, la destruction des milieux à des fins d’exploitation. Selon Frédéric Laugrand, l’homme devrait protéger ces animaux pour leur aide efficace à la restauration d’environnements dévastés. «&#160;Aussi parce qu’ils détruisent des insectes vecteurs de terribles zoonoses comme la malaria&#160;», précise-t-il. «&#160;Qu’elle soit insectivore ou fructivore, la chauve-souris est une alliée précieuse. Elle enrichit la biodiversité de manière considérable et diminue du même coup le risque de propagation des virus à l’humain ». De plus, les virologues découvrent ces animaux comme des modèles d’immunité aux capacités extraordinaires. Par exemple&#160;?&#160;Leur longévité est supérieure à celle d’autres mammifères de même taille. Les chauves-souris ont également une capacité exceptionnelle à contrôler les infections virales. «&#160;Paradoxalement, elles hébergent de nombreux virus mais sont capables de tolérer ces infections et disposent d’un mécanisme pour contenir les réactions inflammatoires&#160;». Les chiroptères savent également réparer leur ADN. «&#160;Les chauves-souris atténuent le stress oxydatif et ignorent la carcinogénèse. Ce sont des pouvoirs qui devraient intéresser les humains à une époque où les cancers et autres maladies de ce genre sont extrêmement communes&#160;». &#160; Alors, pourquoi ne pas sortir de l’imaginaire&#160;? Considérer la chauve-souris non plus comme un «&#160;vilain épidémique&#160;» mais plutôt une «&#160;espèce compagne&#160;»&#160;?&#160; «&#160;Ces animaux peuvent nous aider à trouver des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui&#160;comme la crise écologique ou les questions d’immunité. L’idée d’’une alliance protectrice m’intéresse. Il faut mieux comprendre les chauves-souris et s’assurer de leur présence. Nous oublions que nous sommes probablement, nous humains, les véritables responsables de cette pandémie et d’un désastre environnemental sans précédent. Nous détruisons la biodiversité et nous en subissons les effets&#160;». Les éditions du Centre national de recherche scientifique (CNRS) viennent de publier un ouvrage collectif (2021) Les chauves-souris Aux frontières entre les espèces relatif à ce travail de Frédéric Laugrand&#160;: sous la direction de Frédéric Keck, Arnaud Morvan</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/chauve-souris-covid-virus-especes-menacees-anthropologie/">La chauve-souris, responsable du Coronavirus? Pas sûr !</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">par <strong>Frédéric Laugrand</strong>, chercheur au sein du Laboratoire d’anthropologie prospective, professeur à l’UCLouvain </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Depuis le début de la pandémie, la chauve-souris est accusée d’avoir transmis le virus du SARS-Cov-2 à l’humain. Vrai ? En dépit d’un génome dont la structure est à 96% identique, aucune preuve scientifique ne permet encore de l’affirmer avec certitude. Par contre, le chiroptère pourrait être un allié précieux pour lutter contre le désastre écologique que nous vivons. Certains peuples autochtones des Philippines et d’Océanie vivent depuis longtemps avec la chauve-souris. Ils la respecte. L’anthropologue Frédéric Laugrand a rencontré plusieurs de ces ethnies.</em> <em>(dessein de <a href="https://journals.openedition.org/anthropologiesante/docannexe/image/7427/img-1.png">Diniaté Pooda</a>, in <a href="https://journals.openedition.org/anthropologiesante/7427">Miclèle Cros</a> )</em></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi les chauves-souris sont-elles montrées du doigt aujourd’hui?<strong> «&nbsp;</strong><em>Dans n’importe quel type de crise ou de pandémie, la recherche d’un coupable est un réflexe, une réaction typique de la sidération. Assommés par ce qu’ils vivent, les gens tentent de trouver un bouc émissaire&nbsp;», </em>explique Frédéric Laugrand, chercheur au sein du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_d%27anthropologie_prospective">Laboratoire d’anthropologie prospective</a> de l’UCLouvain<em>. </em>La chauve-souris a réveillé un imaginaire profondément ancré dans nos esprits. Elle apparait depuis longtemps comme monstrueuse et maléfique. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><a href="https://www.pinterest.fr/pin/810507264170232637/"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/chauve-souris-street-art.jpg" alt="" class="wp-image-6703" width="442" height="409" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/chauve-souris-street-art.jpg 721w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/chauve-souris-street-art-300x278.jpg 300w" sizes="(max-width: 442px) 100vw, 442px" /></a><figcaption><a href="https://www.pinterest.fr/pin/810507264170232637/">Urban Street Art: ROA Tears Up Mexico</a></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Pour des raisons physiologiques et biologiques, la chauve-souris est, certes, une espèce réservoir de nombreux virus transmissibles à l’homme comme la rage, les lyssavirus, le syndrome respiratoire (sras) ou Ebola. Mais bien d’autres animaux le sont aussi. On a toutefois immédiatement accusé la chauve-souris d’être responsable de la pandémie du Covid-19, sans preuve scientifique. Détestée, certains ont voulu l’éliminer. En Asie, des peuples autochtones qui vivent au contact de ces animaux voient les choses bien différemment. Ils considèrent les chauves-souris, appelées aussi roussettes, comme de précieuses alliées. Certains en ont fait un animal de compagnie, d’autres s’en inspirent dans les rituels d’initiation. Les Aborigènes d’Australie l’incluent dans leurs systèmes de parenté. A Samoa elle est une divinité.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une espèce respectée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avec son équipe, Frédéric Laugrand travaille depuis plusieurs années à documenter les savoirs des populations autochtones des Philippines et de l’Austronésie. Il a étudié plus spécifiquement les pratiques de quelques groupes qui côtoient depuis très longtemps ces mammifères volants, en montagne, en bord de mer ou dans les plaines. «&nbsp;<em>Je me suis aperçu que les chauves-souris jouaient un rôle important dans plusieurs de ces sociétés</em>&nbsp;», explique l’anthropologue. Les <a href="https://www.anthropologie-societes.ant.ulaval.ca/faire-crier-le-cochon-divination-et-christianisation-dun-rituel-chez-les-alangans-de-mindoro">Alangans </a>sont des chasseurs. Ils vivent sur l’île de Mindoro, dans des espaces forestiers ou agricoles. Pour eux, les chauves-souris sont présentées en termes de coopération. Elles font tomber des fruits qui leur sont autrement inaccessibles et aident à la reforestation grâce à leurs excréments. «&nbsp;<em>Leur viande est considérée comme exceptionnelle sur le plan du goût mais surtout parce qu’elle régénère le corps et l’esprit. Elle purifie et vivifie la personne&nbsp;».</em> Les chauves-souris rendent service parce qu’elles pollinisent et reforestent. Elles enrichissent le biotope et préservent l’environnement. Elles doivent donc être respectées. Les Aytas vivent au nord des Philippines, près d’une ancienne base militaire. L’espace a été protégé pendant de nombreuses années. La biodiversité y est probablement restée plus importante. Cette population est en contact avec de nombreuses espèces de chauves-souris. «&nbsp;<em>Les Aytas les considèrent comme faisant partie de leur propre monde, habitant la même maison, c’est-à-dire la forêt. Ils les consomment car elles sont bénéfiques pour la vitalité humaine. Leur sang régénère l’organisme et le cerveau&nbsp;»</em>. Des qualités bien éloignées de celles que les Occidentaux prêtent à ces animaux dont ils se méfient.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le vivre ensemble</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les autochtones d’Asie qui cohabitent harmonieusement avec les chauves-souris ont beaucoup à nous apprendre. Sur le plan de la biologie et de l’éthologie notamment, mais aussi pour comprendre comment se protéger des maladies zoonotiques. Dans le cas précis de la pandémie du Covid-19, on a soupçonné le pangolin d’être l’animal hôte intermédiaire de la chauve-souris avant d’atteindre l’humain. Cette hypothèse est aujourd’hui mise à l’écart. «&nbsp;<em>Pour comprendre les <a href="https://www.axa-research.org/fr/news/anthropologie-des-zoonoses">zoonoses</a>, il est fondamental d’étudier à la fois les relations interspécifiques des chauves-souris, c’est-à-dire les rapports qu’elles entretiennent avec les hommes et d’autres animaux, et les savoirs des humains&nbsp;»</em> explique l’expert. Observer dans quelles conditions certaines populations vivent au contact des chauves-souris permet d’évaluer la dangerosité de cette proximité. «&nbsp;<em>Le défi est de comprendre comment vivre ensemble</em>. <em>Les autochtones ont une vision particulière de ce que nous appelons la nature. Celle-ci fait partie intégrante de leur vie</em>. <em>Ils ont conscience que l’humain est vulnérable. Il n’est qu’un maillon parmi d’autres dans une chaîne de relations</em>. <em>La Covid-19 nous le&nbsp;rappelle&nbsp;: nous ne sommes pas seuls, indépendants et préservés des virus. Nous sommes interdépendants&nbsp;»</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une alliée précieuse</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs espèces de chauves-souris sont aujourd’hui menacées. En cause&nbsp;? La diminution de la biodiversité dans le monde, la surpopulation, l’urbanisation, la destruction des milieux à des fins d’exploitation. Selon Frédéric Laugrand, l’homme devrait protéger ces animaux pour leur aide efficace à la restauration d’environnements dévastés. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/Chauve-souris.jpg" alt="" class="wp-image-6723" width="386" height="217" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/Chauve-souris.jpg 670w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/Chauve-souris-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 386px) 100vw, 386px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Aussi parce qu’ils détruisent des insectes vecteurs de terribles zoonoses comme la malaria</em>&nbsp;», précise-t-il. «&nbsp;<em>Qu’elle soit insectivore ou fructivore, la chauve-souris est une alliée précieuse. Elle enrichit la biodiversité de manière considérable et diminue du même coup le risque de propagation des virus à l’humain </em>». De plus, les virologues découvrent ces animaux comme des modèles d’immunité aux capacités extraordinaires<strong>. </strong>Par exemple&nbsp;?&nbsp;Leur longévité est supérieure à celle d’autres mammifères de même taille. Les chauves-souris ont également une capacité exceptionnelle à contrôler les infections virales<em>. «&nbsp;Paradoxalement, elles hébergent de nombreux virus mais sont capables de tolérer ces infections et disposent d’un mécanisme pour contenir les réactions inflammatoires&nbsp;»</em>. Les chiroptères savent également réparer leur ADN. «&nbsp;<em>Les chauves-souris atténuent le stress oxydatif et ignorent la carcinogénèse. Ce sont des pouvoirs qui devraient intéresser les humains à une époque où les cancers et autres maladies de ce genre sont extrêmement communes</em>&nbsp;». &nbsp; Alors, pourquoi ne pas sortir de l’imaginaire&nbsp;? Considérer la chauve-souris non plus comme un «&nbsp;vilain épidémique&nbsp;» mais plutôt une «&nbsp;espèce compagne&nbsp;»&nbsp;?&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ces animaux peuvent nous aider à trouver des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui&nbsp;comme la crise écologique ou les questions d’immunité. L’idée d’’une alliance protectrice m’intéresse. Il faut mieux comprendre les chauves-souris et s’assurer de leur présence. Nous oublions que nous sommes probablement, nous humains, les véritables responsables de cette pandémie et d’un désastre environnemental sans précédent</em>. <em>Nous détruisons la biodiversité et nous en subissons les effets</em>&nbsp;». </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/B9723106417Z.1_20200401185514_000GRHFQQ0FR.1-0-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-6713" width="230" height="345" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/B9723106417Z.1_20200401185514_000GRHFQQ0FR.1-0-683x1024.jpg 683w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/B9723106417Z.1_20200401185514_000GRHFQQ0FR.1-0-200x300.jpg 200w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/B9723106417Z.1_20200401185514_000GRHFQQ0FR.1-0-768x1151.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2021/03/B9723106417Z.1_20200401185514_000GRHFQQ0FR.1-0.jpg 800w" sizes="(max-width: 230px) 100vw, 230px" /><figcaption>Frédéric Laugrand</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les éditions du Centre national de recherche scientifique (CNRS) viennent de publier un ouvrage collectif (2021)  <a href="https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire-des-sciences/les-chauves-souris/">Les chauves-souris Aux frontières entre les espèces</a> relatif à ce travail de Frédéric Laugrand&nbsp;: sous la direction de <a href="http://las.ehess.fr/index.php?1815">Frédéric Keck</a>, <a href="http://las.ehess.fr/index.php?2705">Arnaud Morvan</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/chauve-souris-covid-virus-especes-menacees-anthropologie/">La chauve-souris, responsable du Coronavirus? Pas sûr !</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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		<title>Bilan qualitatif                   Cinquante-neuf États face à la pandémie de Covid-19</title>
		<link>https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/bilan-qualitatif-cinquante-neuf-etats-face-a-la-pandemie-de-covid-19-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Joseph Laurent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Dec 2020 22:13:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pierre-Joseph Laurent[1] Tel un tableau de bord, le site de la pandémie de Covid-19 de l’université Johns Hopkins reçoit, certains jours, un milliard de visiteurs&#160;: une référence planétaire. Il installe une comparaison entre les pays, dans la lutte contre le virus, en alignant les chiffres de décès par million d’habitants et les courbes supposées traduire l’aplatissement de l’épidémie[2] Mais que disent ces chiffres&#160;? Pas grand-chose, car sans pondération, par exemple, de l’excès de mortalité causée par la Covid-19, par rapport aux années antérieures, ils demeurent incomparables. En marge de ces décomptes officiels, discutables, et de la communication se tiennent les arbitrages opérés par chaque État. Un arbitrage peu quantifiable, à comprendre autrement pour comparer les politiques. Une évidence, le Sars-CoV-2 tue et agir est une obligation. À la différence des questions climatiques, les conséquences de l’inaction portent sur l’horizon temporel du mandat des élus. Inattendu, sans échappatoires, l’arbitrage devient écrasant ; il concerne la vie humaine, l’économie, le marché, le bien-être général, la justice sociale, la liberté. Chaque décision influence différemment les classes sociales et peut accélérer la pauvreté. Avec le changement climatique, les inégalités qui se creusent et les bouleversements de la formation des opinions induits par les réseaux sociaux, la pandémie conduit à une crise majeure, comparable à celle de la fin des années trente. L&#8217;heure des comptes a sommé. Le retour de l’État Pilotes du monde global, les grands acteurs industriels et de la finance sont restés en réserve de la gestion de la pandémie. Les instances multilatérales, dont l’OMS a démontré sa faible capacité d’action, sans parler du quasi-silence de l’ONU et des ONGs internationales. Globalisation, dérégulation et privatisation ont été incapables de susciter les frémissements d’une gouvernance mondiale de la pandémie ni d’une prospective inclusive durable. Remis en selle après les années de dénigrement, de sous-investissements, en mesure de s’endetter, et de gérer le service de la dette pour relancer «&#160;le monde d’après&#160;», la gestion de la pandémie a été laissée aux États. Confronté à l’urgence sanitaire, l’État tente de renouer avec un rôle protecteur. Un bilan par l’analyse de deux critères qualitatifs Deux critères synthétiques, l’arbitrage de fond suscité par l’épidémie et les actions mises en place permettent apprécier et de comprendre la finalité de la gouvernance de chaque État. Arbitrage entre économie et santé des populations L’arbitrage entre l’économie et la santé est complexe. Il mobilise des variables contextuelles &#160;: 1) indice de développement, structure du secteur industriel, du commerce, importance d’un secteur informel (non confinable) &#160;; 2) organisation du système de soins et de l’assurance maladie&#160;; 3) liberté des décideurs face aux lobbies&#160;; 4) situation géographique&#160;; 5) structure démographique&#160;; 6) foyers épidémiques en début d’épidémie &#160;; 7) nature du régime politique&#160;; 8) qualité du réseau Internet et accès&#160;; 9) calendrier d’arrivée de la pandémie&#160;; 10) ratio travailleurs indispensables, non confinable et en télétravail&#160;; 11) composition de l&#8217;équipe d’experts&#160;; 12) facteurs génétiques, groupes à risques&#160;;13) délocalisations, chaines d’approvisionnement, gestion des stocks; 14) influence de leaders religieux&#160;; 15) échéances électorales &#160;; 16) défaillances, bouc émissaire, fake news, théories du complot. Action&#160;: confinement, non-confinement, déconfinement Le second critère détaille les actions mises en œuvre par les États. Sans médicaments et dans l’attente des vaccins, confronté à un mode singulier de contagion (les asymptomatiques), les humains, temporairement, désarmés sont confrontés à la nécessité d’apprendre à vivre avec le virus. La nouvelle culture planétaire se décline localement. En plus des directives étatiques, les régions et chacun d’entre nous, en relation à son histoire, ses possibilités et sa culture formule un rapport au virus et aux autres. Le confinement équivaut au temps de la sidération et de l’ajustement. Le non-confinement ou l’après-confinement portent sur l’apprentissage d’un mode de vie à long terme, plus apaisé, avec la Covid19, sachant que nous sommes en début de pandémie, avec des risques répliques. Articulation des deux critères Les deux critères, arbitrage et actions, peuvent être représentés par deux droites. Croisées, elles déterminent un plan où sont reportées les décisions prises par chaque pays. La méthode s’oppose au classement, afin d’identifier et de positionner, dans un champ de relations, les politiques, les finalités, les intentions. La pandémie et les pays européens L’étude menée de mars à juin 2020 compare 59 pays, dont 17 Européens. La base de données repose sur des articles scientifiques et de presse, analysés selon les indicateurs mentionnés, avec le souci de recouper les sources. Au total, 548 pages de synthèse manuscrites, référencées avec le logiciel Filemaker-pro[3]. Notre démarche d’anthropologie comparée se veut synthétique et interprétative. Les résultats sont résumés dans deux tableaux. Les cercles rouges indiquent les regroupements de pays. Au regard de la pandémie, l’analyse relève l’importance de la capacité des dirigeants à prendre les bonnes décisions au bon moment, en fonction de la situation de leurs pays, de leur population, et d’éléments contextuels, appréciés au jour le jour, en fonction des incertitudes. La qualité, l’autorité et la vision prospective des dirigeants, leur capacité à communiquer de manière claire se révèlent déterminantes, ainsi que la composition des groupes d’experts. L’enquête révèle les différences culturelles dans le rapport des populations à la maladie et aux directives sanitaires. La qualité du système de santé publique préexistant et la nature de la décentralisation sont cruciales dans les choix effectués. Les démocraties populistes ne font pas merveille, ainsi que l’excès bureaucratique et les États qui manquent de leadership ou en crise permanente (la Belgique). Les Européens, la pandémie et le monde Le tableau suivant complète l’approche comparative, avec en bleu les pays européens et en noir les autres. La démarche consiste à relever le voisinage avec d’autres pays du monde. Des tendances s’affirment, des attitudes, des politiques, des finalités, des perceptions, des tensions à l’intérieur des États (États-Unis, Inde, Brésil) sont identifiables. Quel régime politique, autoritaire, semi-autoritaire, démocratique s’avère efficace dans la gestion de la pandémie et de l’après-crise&#160;? À ce stade, la réponse est incertaine, tant les finalités – justice sociale, liberté, marché, vie humaine – et les contextes varient. Cette étude doit être complétée de données quantitatives sur la crise sanitaire et sur les conséquences à long terme concernant le consensus social, avec le risque de révoltes, l’insécurité croissante et la réponse sécuritaire. Il faudra comparer la manière dont les États prendront en charge, à long terme, la dette supplémentaire contractée, au regard des défis économiques, sociaux et culturels, analysés au prisme des inégalités, du réchauffement climatique et de relations transgénérationnelles, dont le vieillissement. La finalité et la survie de la démocratie sociale sont posées, d’autant que les technologies de l’information, possédées par quelques multinationales, ont conduit à une autre gouvernance, par d’autres manières de construire les opinions. [1] Pierre-Joseph Laurent, anthropologue, professeur, membre du Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCLouvain et de l’Académie royale de Belgique [2] https://coronavirus.jhu.edu/map.html [3] Laurent, P.-J., Mazzocchetti, J., Pandémie, sidération, incertitude. Humanités en sursis, Paris, Karthala, 2021, 150 p.</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/bilan-qualitatif-cinquante-neuf-etats-face-a-la-pandemie-de-covid-19-2/">Bilan qualitatif                   Cinquante-neuf États face à la pandémie de Covid-19</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><em>Pierre-Joseph Laurent</em><a href="#_ftn1">[1]</a>          </h4>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Tel un tableau de bord, le site de la pandémie de Covid-19 de l’<a href="https://coronavirus.jhu.edu/map.html">université Johns Hopkins</a> reçoit, certains jours, un milliard de visiteurs&nbsp;: une référence planétaire. Il installe une comparaison entre les pays, dans la lutte contre le virus, en alignant les chiffres de décès par million d’habitants et les courbes supposées traduire l’aplatissement de l’épidémie<a href="#_ftn1">[2]</a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="465" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-1024x465.jpg" alt="" class="wp-image-5463" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-1024x465.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-300x136.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-768x349.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-1536x697.jpg 1536w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-2048x930.jpg 2048w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/JHU-biban-1140x518.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le tableau de bord de la pandémie du Sars-CoV-2<br>de la Johns Hopkins University&nbsp;; https://coronavirus.jhu.edu/map.html </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais que disent ces chiffres&nbsp;? Pas grand-chose, car sans pondération, par exemple, de l’excès de mortalité causée par la Covid-19, par rapport aux années antérieures, ils demeurent incomparables. En marge de ces décomptes officiels, discutables, et de la communication se tiennent les arbitrages opérés par chaque État. Un arbitrage peu quantifiable, à comprendre autrement pour comparer les politiques. Une évidence, le Sars-CoV-2 tue et agir est une obligation. À la différence des questions climatiques, les conséquences de l’inaction portent sur l’horizon temporel du mandat des élus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inattendu, sans échappatoires, l’arbitrage devient écrasant ; il concerne la vie humaine, l’économie, le marché, le bien-être général, la justice sociale, la liberté. Chaque décision influence différemment les classes sociales et peut accélérer la pauvreté. Avec le changement climatique, les inégalités qui se creusent et les bouleversements de la formation des opinions induits par les réseaux sociaux, la pandémie conduit à une crise majeure, comparable à celle de la fin des années trente. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WPMNE2ks7F8">L&rsquo;heure des comptes a sommé</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le retour de l’État</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pilotes du monde global, les grands acteurs industriels et de la finance sont restés en réserve de la gestion de la pandémie. Les instances multilatérales, dont l’OMS a démontré sa faible capacité d’action, sans parler du quasi-silence de l’ONU et des ONGs internationales. Globalisation, dérégulation et privatisation ont été incapables de susciter les frémissements d’une gouvernance mondiale de la pandémie ni d’une prospective inclusive durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Remis en selle après les années de dénigrement, de sous-investissements, en mesure de s’endetter, et de gérer le service de la dette pour relancer «&nbsp;le monde d’après&nbsp;», la gestion de la pandémie a été laissée aux États. Confronté à l’urgence sanitaire, l’État tente de renouer avec un rôle protecteur.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<h3 class="wp-block-heading">Un bilan par l’analyse de deux critères qualitatifs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Deux critères synthétiques, l’<strong>arbitrage</strong> de fond suscité par l’épidémie et les <strong>actions</strong> mises en place permettent apprécier et de comprendre la finalité de la gouvernance de chaque État.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Arbitrage entre économie et santé des populations</strong></em></li></ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’arbitrage entre l’économie et la santé est complexe. Il mobilise des variables contextuelles &nbsp;: 1) indice de développement, structure du secteur industriel, du commerce, importance d’un secteur informel (non confinable) &nbsp;; 2) organisation du système de soins et de l’assurance maladie&nbsp;; 3) liberté des décideurs face aux lobbies&nbsp;; 4) situation géographique&nbsp;; 5) structure démographique&nbsp;; 6) foyers épidémiques en début d’épidémie &nbsp;; 7) nature du régime politique&nbsp;; 8) qualité du réseau Internet et accès&nbsp;; 9) calendrier d’arrivée de la pandémie&nbsp;; 10) ratio travailleurs indispensables, non confinable et en télétravail&nbsp;; 11) composition de l&rsquo;équipe d’experts&nbsp;; 12) facteurs génétiques, groupes à risques&nbsp;;13) délocalisations, chaines d’approvisionnement, gestion des stocks; 14) influence de leaders religieux&nbsp;; 15) échéances électorales &nbsp;; 16) défaillances, bouc émissaire, <em>fake news</em>, théories du complot.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Action&nbsp;: confinement, non-confinement, déconfinement</em></li></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le second critère détaille les actions mises en œuvre par les États. Sans médicaments et dans l’attente des vaccins, confronté à un mode singulier de contagion (les asymptomatiques), les humains, temporairement, désarmés sont confrontés à la nécessité d’apprendre à vivre avec le virus. La nouvelle culture planétaire se décline localement. En plus des directives étatiques, les régions et chacun d’entre nous, en relation à son histoire, ses possibilités et sa culture <a href="https://theconversation.com/la-masque-attitude-ou-la-contrainte-dinventer-une-autre-culture-138960">formule un rapport au virus</a> et aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le confinement équivaut au temps de la sidération et de l’ajustement. Le non-confinement ou l’après-confinement portent sur l’apprentissage d’un mode de vie à long terme, plus apaisé, avec la Covid19, sachant que nous sommes en début de pandémie, avec des risques répliques.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Articulation des deux critères</em></li></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux critères, arbitrage et actions, peuvent être représentés par deux droites. Croisées, elles déterminent un plan où sont reportées les décisions prises par chaque pays. La méthode s’oppose au classement, afin d’identifier et de positionner, dans un champ de relations, les politiques, les finalités, les intentions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="764" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1-1024x764.jpg" alt="" class="wp-image-5443" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1-1024x764.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1-300x224.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1-768x573.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1-1140x851.jpg 1140w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau1.jpg 1294w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Croisement de deux critères : arbitrage et action</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La pandémie et les pays européens</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude menée de mars à juin 2020 compare 59 pays, dont 17 Européens. La base de données repose sur des articles scientifiques et de presse, analysés selon les indicateurs mentionnés, avec le souci de recouper les sources. Au total, 548 pages de synthèse manuscrites, référencées avec le logiciel <em>Filemaker-pro<a href="#_ftn1"><strong>[3]</strong></a></em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre démarche d’anthropologie comparée se veut synthétique et interprétative. Les résultats sont résumés dans deux tableaux. Les cercles rouges indiquent les regroupements de pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="770" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe-1024x770.jpg" alt="" class="wp-image-5423" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe-1024x770.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe-300x225.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe-768x577.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe-1140x857.jpg 1140w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/Tableau-2-europe.jpg 1328w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La réponse de pays européens confrontés à la pandémie</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de la pandémie, l’analyse relève l’importance de la capacité des dirigeants à prendre les bonnes décisions au bon moment, en fonction de la situation de leurs pays, de leur population, et d’éléments contextuels, appréciés au jour le jour, en fonction des incertitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La qualité, l’autorité et la vision prospective des dirigeants, leur capacité à communiquer de manière claire se révèlent déterminantes, ainsi que la composition des groupes d’experts. L’enquête révèle les différences culturelles dans le rapport des populations à la maladie et aux directives sanitaires. La qualité du système de santé publique préexistant et la nature de la décentralisation sont cruciales dans les choix effectués. Les démocraties populistes ne font pas merveille, ainsi que l’excès bureaucratique et les États qui manquent de leadership ou en crise permanente (la Belgique).</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<h3 class="wp-block-heading">Les Européens, la pandémie et le monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau suivant complète l’approche comparative, avec en bleu les pays européens et en noir les autres. La démarche consiste à relever le voisinage avec d’autres pays du monde. Des tendances s’affirment, des attitudes, des politiques, des finalités, des perceptions, des tensions à l’intérieur des États (États-Unis, Inde, Brésil) sont identifiables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-5433" srcset="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde-1024x769.jpg 1024w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde-300x225.jpg 300w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde-768x577.jpg 768w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde-1140x856.jpg 1140w, https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-content/uploads/2020/12/tableau-2-Monde.jpg 1370w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Comparaison de pays européens et de monde face à la pandémie</figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Quel régime politique, autoritaire, semi-autoritaire, démocratique s’avère efficace dans la gestion de la pandémie et de l’après-crise&nbsp;?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À ce stade, la réponse est incertaine, tant les finalités – justice sociale, liberté, marché, vie humaine – et les contextes varient. Cette <a href="https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/iacchos/laap/actualites/masquer-le-monde.html">étude doit être complétée</a> de données quantitatives sur la crise sanitaire et sur les conséquences à long terme concernant le consensus social, avec le risque de révoltes, l’insécurité croissante et la réponse sécuritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faudra comparer la manière dont les États prendront en charge, à long terme, la dette supplémentaire contractée, au regard des défis économiques, sociaux et culturels, analysés au prisme des inégalités, du réchauffement climatique et de relations transgénérationnelles, dont le vieillissement. La finalité et la survie de la démocratie sociale sont posées, d’autant que les technologies de l’information, possédées par quelques multinationales, ont conduit à une autre gouvernance, par d’autres manières de construire les opinions.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/wp-admin/post.php?post=5473&amp;action=edit#_ftn1">[1]</a> Pierre-Joseph Laurent, <em>anthropologue, professeur, membre du Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCLouvain et de l’Académie royale de Belgique</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1">[2]</a> https://coronavirus.jhu.edu/map.html  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1">[3]</a> Laurent, P.-J., Mazzocchetti, J., <em>Pandémie, sidération, incertitude. Humanités en sursis</em>, Paris, Karthala, 2021, 150 p.</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/bilan-qualitatif-cinquante-neuf-etats-face-a-la-pandemie-de-covid-19-2/">Bilan qualitatif                   Cinquante-neuf États face à la pandémie de Covid-19</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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		<title>Filmer confinés</title>
		<link>https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/filmer-confines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Loodts]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2020 09:04:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Anthropologie visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux Etudiants Master Anthropologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les étudiants de l&#8217;Atelier de films anthropologiques (LANTR2130) ont réalisé durant le confinement des films d’une durée de 7 a 20 min. Cette année, le COVID 19 a bouleversé la partie pratique du cours, certains étudiants ont pu faire leur tournage en extérieur, d’autre pas. Il leur a été proposé de faire une lettre vidéo.C’est un genre cinématographique qui consiste à s’adresser à un destinataire en prenant sa caméra, plutôt qu’un stylo. Cela permet de travailler à partir de chez soi, en utilisant une voix off ou des textes et en filmant des archives, des photos, des news d’internet, en déambulant dans sa maison, sa chambre, son kot…C’est une écriture au « je », ou en utilisant le « nous » si vous êtes en groupe. Nous vous livrons ici leur travaux, témoignages de cette période inédite et historique. « Le cul entre deux chaises » par Léonie Delvaux, Emma Devos et Simon Ninane « Ensemble séparément »&#160; (partie 1, partie 2) par Héloïse Gonnissen et Noémie Matagne « Lettre à notre maison d’enfance, des sentiments partagés » par Emma Erroelen « La journée d&#8217;une infirmière à domicile » par Vanessa Gérard, Philippe Bonneels, et Denise Palermo&#160; « Journal de confinement » par Quentin Vanreysen « Ceux qui guérissent » par Lisa Depret « Locked Dreams » par Annagrazia Graduato&#160;</p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/filmer-confines/">Filmer confinés</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les étudiants de l&rsquo;Atelier de films anthropologiques (LANTR2130) ont réalisé durant le confinement des films d’une durée de 7 a 20 min. Cette année, le COVID 19 a bouleversé la partie pratique du cours, certains étudiants ont pu faire leur tournage en extérieur, d’autre pas. Il leur a été proposé de faire une lettre vidéo.C’est un genre cinématographique qui consiste à s’adresser à un destinataire en prenant sa caméra, plutôt qu’un stylo. Cela permet de travailler à partir de chez soi, en utilisant une voix off ou des textes et en filmant des archives, des photos, des news d’internet, en déambulant dans sa maison, sa chambre, son kot…C’est une écriture au « je », ou en utilisant le « nous » si vous êtes en groupe. Nous vous livrons ici leur travaux, témoignages de cette période inédite et historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://vimeo.com/434109498" target="_blank">Le cul entre deux chaises</a></strong> » <strong>par Léonie Delvaux, Emma Devos et Simon Ninane</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong>Ensemble séparément »&nbsp; (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=6SKo5ORWLlY" target="_blank" rel="noreferrer noopener">partie 1</a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nHjj2Mk9tlY" target="_blank" rel="noreferrer noopener">partie 2</a>) par Héloïse Gonnissen et Noémie Matagne</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://vimeo.com/434045355" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <strong>Lettre</strong></a><strong><a href="https://vimeo.com/434045355" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> à notre maison d’enfance, des sentiments partagés »</a>  par Emma Erroelen </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://youtu.be/2N7NaHXPu3Q" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <strong>La journée d&rsquo;une infirmière à domicile »</strong></a><strong> par Vanessa Gérard, Philippe Bonneels, et Denise Palermo&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« <a href="https://vimeo.com/434063285">Journal de confinement » </a>par Quentin Vanreysen </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://vimeo.com/434049570" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Ceux qui guérissent »</a> par Lisa Depret </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong><a href="https://vimeo.com/434053918" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Locked Dreams</a> » par Annagrazia Graduato&nbsp;</strong></p>
<p>L’article <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective/filmer-confines/">Filmer confinés</a> est apparu en premier sur <a href="https://sites.uclouvain.be/laap-anthropologie-prospective">Laap</a>.</p>
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