#BelgianPoetryAnthology #Margento Nouvel épisode

Asymptote January 4, 2022

Translation Tuesday: Two Poems by Véronique Bergen

In our first Translation Tuesday feature for the new year, revel in two outrightly explosive and psychedelic poems by the Belgian poet, novelist, and philosopher Véronique Bergen. “I petal blue,” is how Bergen begins one of these poems and it is in this frenzied flowering of one’s subjectivity that we meet the speaker in their radiant and radical metamorphosis. Following her own warped and dynamic syntax, Bergen’s poems lay bare an “orgy of guns”: she construes a poetic world that riots our senses and, in her turbulent re-contextualisation of the technologies that engender this anarchy, refracts a history of global violence. Always, they combust with a frank and freakish sexuality. Translated by our very own Editor-at-Large for Romania and Moldova, MARGENTO brings to our readers the spectrum of technicolour brilliance and virtuosic world-building that is Bergen’s verse. 

[…]

Véronique Bergen was born in Brussels where she lives to this day. She is a writer, poet, philosopher, member of the Academy of French Literature (Belgium). Among her latest publications are: the essay collections Martha Argerich, L’Art des passages (Ed. Samsa) and Portier de nuit Liliana Cavani (Les Impressions nouvelles); works of fiction Ludisme précédé de Gainsbourg et Bambou (Le Cormier) and Icône H., Hélène de Troie (Onlit); and the poetry collection Alphabets des loups (Le Cormier).

MARGENTO (Chris Tănăsescu) is a poetacademic, and performer. He is currently working—together with John Taylor—on a computationally assembled Belgian poetry anthology. MARGENTO is Asymptote‘s Romania & Moldova Editor-at-Large. 

More here / Plus d’infos

See also a previous installment (from the forthcoming anthology) here / Voir aussi un épisode précédent (de l’anthologie à venir) ici.

Nouveau livre Chaire Altissia / New #AltissiaChair #Margento Co-authored Book: Various Wanted (literary, computational, and visual translations)

Various Wanted by MARGENTO, Rushton, & Murat, 2021

MARGENTO, Steve Rushton, and Taner Murat. 2021. Various Wanted. An (almost) missing original and five–literary, computational, and visual–translations. Iasi & London: Timpul.





A UK/Romania project commemorating 2 millennia since the passing of Roman poet Ovid as an exile among the Black-Sea-coast Getae in Dacia (present-day Romania).





An Arts Council England and British Council project.





About the book:

Why and how should Ovid be translated again in the 21st century? The first part of the question begs for a simple answer: in his love, erotic, and elegiac poems, Ovid has left us one of the most valuable literary legacies of antiquity, influencing greatest writers, from Dante to Joyce. No wonder he is one of the most translated authors in history, his works being at times adapted to a certain period’s taste. In the Middle Ages for instance, his Metamorphoses were… “moralized.” But then what does our contemporary world make (out) of Ovid? How can we translate and adapt him now? MARGENTO, Taner Murat & Steve Rushton offer a multimedia answer: poetry, according to them, is not only text, but also song, as well as graphic art. We listen, we look, we touch… Poetry is a spectacle: this work of collective translation, a choir of sorts, is the promise of an upcoming performance, a party where we will click glasses to rock ’n’ roll music. What’s more, in MARGENTO the adaptation of Ovid is also computational. A pioneering translation using topic modeling for the very first time. The method usually deployed by scientists in text and discourse statistical analysis, is turned this time into a literary and aesthetic writing tool. The resulting translation is strikingly polyglot: Latin is transposed into English, Romanian, as well as… Python, the programming language in which Ovidian poetry thus starts to resonate.

Servanne Monjour, Sorbonne Université





More here [the entire book available in Open Access].

#GraphPoem @ DHSI 2021–the Recording

#GraphPoem (from the DHSI website)

Event chair: Chris Tanasescu (UCLouvain)

All those connected to DHSI and its 2021 edition are invited to be part of the EPoetry event #GraphPoem by MARGENTO at 9:30 AM Pacific Time on June 11 by contributing text files or weblinks to a collectively assembled dataset and/or run a script plotting the latter into a real-time evolving network.

The Graph Poem is an ongoing transnational project combining natural language processing and graph theory-based approaches to poetry, with academicDH-literary, and performative outputs.

When DHSI registration opens, participants will be able to sign up for GraphPoem and will receive an account giving them access to the data and the code.

#GraphPoem will have two main components viewable to anybody accessing the following online venues at the time of the event: a livestreamed performance on Margento’s Facebook page and the bot @GraphPoem tweeting text-nodes selected from the evolving graph by a network analysis algorithm and fed into the performance.

Thank you to all who participated in this virtual e-poetry event!

The event was recorded and can be viewed here: https://www.youtube.com/watch?v=DWg6_2Y-kuQ

La Chaire Altissia dans MAGAZINE PROF

Libres propros 

L’ubiquité du numérique : réalité d’aujourd’hui et responsabilité de façonner l’avenir

Article publié le 26 / 03 / 2021.

Cette rubrique invite un/des expert(s) à faire part d’un message jugé important dans le contexte actuel. Chris Tanasescu est titulaire de la Chaire Altissia qui, au-delà des savoirs parcellaires, mêle sciences humaines et technologie au service des étudiants et étudiantes d’aujourd’hui.

Nous entendons de plus en plus parler du virage numérique dans notre culture, de l’ère (post)numérique, ou encore de la/des culture(s) contemporaine(s) de la connectivité. Ces termes font référence à l’omniprésence du numérique qui pénètre profondément et remodèle fondamentalement tous les aspects de notre culture, de notre quotidien, jusqu’à nos vies personnelles, nos pensées et nos sentiments.

Cette évolution comporte des avantages multiples, mais aussi des inconvénients potentiels ou, parfois, des aspects potentiellement menaçants. Dans ce contexte, le défi pour un instructeur est, tout en sensibilisant les étudiantes et étudiants aux transformations profondes et étendues apportées par le numérique, de les amener à l’intégrer de manière organique dans leurs activités éducatives scolaires et extrascolaires et à (re)penser le numérique de manière critique et créative. Le numérique change en fait nos disciplines et change aussi la société.

Chris Tanasescu, titulaire de la Chaire Altissia à la Faculté de philosophie, arts et lettres de l'UCLouvain, et professeur en humanités numériques

Chris Tanasescu, titulaire de la Chaire Altissia à la Faculté de philosophie, arts et lettres de l’UCLouvain, et professeur en humanités numériques

Les avantages et les défis des données, de l’intelligence artificielle et de l’algocratie

Le numérique a apporté des changements majeurs dans tous les domaines de la vie et dans toutes les disciplines, à tel point que, dans l’éducation, il a souvent été considéré comme le moteur de l’innovation contemporaine inter et trans-disciplinaire. Bien que les universitaires ne s’accordent pas toujours sur ce que sont les humanités numériques (de l’analyse informatique des textes littéraires, par exemple, à la gestion automatique des données sur les sciences humaines et sociales), l’omniprésence des méthodes, outils, et applications numériques utilisés dans la recherche et l’éducation, est un fait.

Pourtant, cette omniprésence a ses pièges et ses inconvénients. Tout se transforme en données et, comme l’affirme une publication bien connue (dirigée par Lisa Gitelman) dans son titre même, « les données brutes (raw data) sont un oxymore ». Les données ne sont jamais crues, elles sont toujours… cooked (cuites) ; elles sont rhétoriques, elles illustrent certaines idéologies.

De plus, si tout est données, alors nous le sommes aussi. Le simple fait de surfer sur Internet, de faire des recherches sur les moteurs de recherche ou d’être actif dans les médias sociaux fait de nous des données exploitables par divers acteurs économiques ou politiques. Le concept de « dataveillance » fait référence à de tels phénomènes : nous sommes nous-mêmes devenus la ressource de collecte de données, dans un système qui se nourrit vampiriquement de nos identités, de nos « likes » et de nos habitudes quotidiennes. 

Les utilisateurs sont ainsi regroupés dans les Big Data dont on parle beaucoup, ce qui soulève de graves questions d’ordre éthique et épistémologique. Nous définissons les Big Data comme un phénomène qui repose sur l’interaction de plusieurs facteurs (technologie, analyse et, notamment, mythologie). Il ne s’agit pas seulement d’une question d’échelle et il ne suffit pas de la considérer en termes de proximité ou distance. Il s’agit plutôt d’un changement profond au niveau de l’épistémologie et de l’éthique.

Big Data recadre des questions-clés sur la constitution des connaissances, la manière dont nous devrions nous engager avec l’information, et la nature et la catégorisation de la réalité. Trop souvent, les Big Data permettent la pratique de l’apophenie : voir des modèles là où il n’y en a pas, simplement parce que d’énormes quantités de données peuvent offrir des connexions qui rayonnent dans toutes les directions. Dans un exemple notable, un auteur a démontré que les techniques d’exploration de données pouvaient montrer une corrélation forte mais fallacieuse entre les changements de l’indice boursier S&P 500 et la production de beurre au Bangladesh…

Qu’est-ce qui peut vraiment nous aider à analyser avec précision ces énormes quantités de données ? Les algorithmes et, en particulier, l’intelligence artificielle. L’un des changements de haut niveau les plus importants dans la conception des algorithmes ces dernières années est le passage des algorithmes « descendants » (top-down) (dans lesquels un programmeur ou une équipe de programmeurs définit de manière exhaustive l’ensemble des règles de l’algorithme) aux algorithmes d’apprentissage machine
« ascendants » (bottom-up) (dans lesquels l’algorithme reçoit une règle d’apprentissage et est formé sur de grands ensembles de données afin de développer ses propres règles).

Mais les algorithmes ascendants créent néanmoins certains problèmes en ce qui concerne la transparence et l’opacité des systèmes d’intelligence artificielle, et particulièrement le système de gouvernance algorithmique.

Il existe en effet une volonté croissante d’externaliser le pouvoir de décision vers des systèmes de prise de décision basés sur des algorithmes. Mais un système de gouvernance algorithmique doit être conçu et mis en œuvre de manière à garantir à la fois son efficacité et sa légitimité. Nous devons nous assurer qu’il s’agit d’un moyen efficace pour atteindre un objectif politique, tout en restant équitable, ouvert et impartial sur le plan de la procédure.

Si certains auteurs estiment que l’algocratie peut être rendue à la fois efficace et éthique en prenant diverses mesures (en adoptant par exemple des architectures en chaine de blocs, blockchain), d’autres critiquent sévèrement la gouvernance algorithmique. L’auteure et penseuse belge Antoinette Rouvroy, par exemple, affirme qu’il est nécessaire de retourner à la réalité et de tourner le dos à l’optimisation sans fin, car l’algocratie représente « la mort du politique ». 

La promesse de l’éducation et de la recherche sur les cultures et l’éthique du numérique  

Les jeunes générations ont l’avantage d’être exposées au numérique et vivent dès leur plus jeune âge dans la « culture de la connectivité » (expression de José van Dijck). Elles peuvent donc poser des questions critiques sur la validité éthique de ces technologies, tout en étant conscientes et informées de ce qui se cache « sous le capot » des applications numériques et de l’intelligence artificielle, ou en étant capables de faire des recherches à ce sujet. 

Les cours, programmes et options universitaires — telles que celles offertes par la Chaire Altissia (1) en Cultures et éthique du numérique, à la Faculté de philosophie, arts et lettres (FIAL) de l’UCLouvain — dans les humanités numériques et l’application de perspectives critiques et réfléchies humanistes inter/trans-disciplinaires dans le numérique, tout en offrant de solides introductions à la programmation informatique, peuvent élargir les horizons des étudiants et les rendre plus compétitifs sur le marché du travail.

Mais ils peuvent aussi les rendre capables de construire des cultures, des communautés, et des technologies meilleures et plus équitables. Comme l’a déclaré l’universitaire Tobias Blanke, les deux contributions les plus remarquables des humanités numériques aux sciences humaines et à l’informatique sont la lecture à distance (distant reading, l’utilisation d’algorithmes dans la lecture automatiques de grandes quantités de textes humanistes) et la critique éthique de l’intelligence artificielle. 

C’est le grand défi et la mission passionnante que les éducateurs et les étudiants ont aujourd’hui la possibilité d’aborder et de mener à bien ensemble, en maitrisant et en remodelant le numérique pour un monde meilleur, éthiquement responsable et inclusif.

Chris TANASESCU

(1) La Chaire Altissia organise périodiquement des conférences en ligne. Infos via https://sites.uclouvain.be/chairealtissia.

En deux mots

Chris Tanasescu est le titulaire de la Chaire Altissia à la Faculté de philosophie, arts et lettres de l’UCLouvain, et professeur en humanités numériques.

Il est diplômé en anglais, en mathématiques et en informatique, donc il combine ses formations pour donner des cours interdisciplinaires et post-disciplinaires sur les approches numériques en sciences humaines et sociales, et faire des recherches en études littéraires, notamment sur la poésie contemporaine, en utilisant les dernières méthodes informatiques ou outils et logiciels numériques.

En outre, il est un poète et interprète (connu sous le nom de MARGENTO) qui utilise les technologies numériques (twitter.com/GraphPoem) et les approches inter-media et cross-artform (bit.ly/2Xzdk4p), en étant fidèle à sa propre conviction que le numérique transforme en permanence notre existence.

Plus d’infos MAGAZINE PROF N°49 : https://bit.ly/3y00nQj

LA CHAIRE ALTISSIA @ DHSI 2020

DHSI 2020 — Online Edition

Table of Contents

1) Welcome
2) DHSI Conference and Colloquium (2-6, 9-10 June 2020) & ADHO Pedagogy SIG Mini-Conference (6 June 2020)
3) Project Management in the Humanities (6 June 2020)
4) RTL (7 June 2020)
5) #GraphPoem
6) Interdisciplinary Digital Engagement in Arts & Humanities (IDEAH)
7) DHSI 2020 at a glance

#GraphPoem (5 June 2020)

All those connected to DHSI and its 2020 events are invited to be part of the EPoetry event #GraphPoem by MARGENTO at 2:00 PM Pacific Time [11:00 PM Brussels Time] by contributing text files or weblinks to a collectively assembled dataset and/or run a script plotting the latter into a real-time evolving network. Certain significant text-nodes will be selected by the code and fed into the live performance. All those interested need to register with MARGENTO at chris.tanasescu@uclouvain.be by June 5 and will receive an account giving them access to the data and the code. The web-based performance will be viewable to anybody accessing @GraphPoem on Twitter at the time of the event and will also be broadcast on other channels advertised on the same profile page.

More info at https://dhsi.org/dhsi-2020/