Musée N

Numérisation 3D des œuvres : Paolo Tomassini, Victor Fairon, Isidore De Vylder. Installation technique : Victor Fairon, Isidore De Vylder

Avec soutien du Fonds de développement culturel de l’Université catholique de Louvain; L’Institut INCAL; Le Centre de recherches d’archéologie nationale (CRAN); Le Musée L.


Amphore agglomération gallo-romaine des Sarrasins. Centre de recherches d’archéologie nationale (CRAN). Braives (Perniciacum), secteur de la fortification du Bas-Empire (fouilles R. Brulet). Inv. 87.258 ; inv. fouille S IV hc ; Braives V, III.10-b.II : 15. Poids à vide : 10 kg ; contenance : 39 litres.

Les amphores sont des emballages en terre cuite destinés au transport et à la commercialisation de denrées alimentaires. Ils témoignent des productions agricoles et des habitudes alimentaires. Ils documentent l’histoire économique et les échanges à grande distance. Des amphores à vin sont fréquemment importées dans les provinces septentrionales de l’Empire. Les agglomérations qui jalonnent la voie de Boulogne-Bavay-Tongres-Cologne et les villae rurales en témoignent comme à Braives où cet exemplaire fragmentaire reconstitué côtoyait, selon les estimations, de 160 à 365 autres amphores à huile d’olive de la péninsule ibérique, à sauce de poisson et salsamenta, à olives et vinaires. Apparue vers le milieu du Ier siècle, l’amphore Gauloise 4 est sans doute la plus typique des amphores à vin du grand commerce. Elle facilite l’exportation vers des marchés lointains des produits des vignobles de Gaule Narbonnaise alors en développement. ❧

Moulage de la tête d’Athéna Lemnia Moulage, n. inv. MA255, Musée L (dépôt au prof. M. Cavalieri). Atelier de moulage : Bruxelles. Provenance : Fonds ancien UCLouvain Original Marbre, copie romaine d’époque hadrianique d’un original grec en bronze. Datation vers 440 av. J.-C. Conservation : Museo civico archeologico di Bologna

Cadre historique Les colons de l’île de Lemnos firent exécuter vers 440 av. J.-C. une statue d’Athéna par Phidias en guise d’offrande. Des trois Athéna attribuées à Phidias, la Lemnia, la Promachos, la Parthénos, la Lemnia est la moins militaire ou plutôt, elle symbolise la paix après la victoire. On reconnaît l’air viril de la déesse guerrière, mais son regard qui tombe de haut, une certaine quiétude qui se dégage de son visage firent aimer des Athéniens cette nouvelle image de la patronne de leur cité. Malgré des faiblesses de la copie et une certaine raideur trahissant les racines sévères de l’art du sculpteur, la beauté pure et fraîche du visage de l’Athéna Lemnia fut une source d’enchantement pour les connaisseurs de l’Antiquité. ❧

Tête de cheval Centre de recherches d’archéologie nationale (CRAN); Tournai, quartier Saint-Brice (province de Hainaut), fosse CV2. Mérovingien ancien, vers 481-482 après J.-C.. CV2, inv. publication 2.4 ; inv. fouille TO.85.140 (GL227)

Considérés comme des animaux de grande valeur, les chevaux sacrifiés en contexte funéraire traduisent le statut privilégié des individus auxquels ils sont associés. Entre 1984 et 1985, trois fosses livrant 21 chevaux ont été mises au jour par l’équipe du CRAN UClouvain, sous la direction de Raymond Brulet, lors de fouilles au quartier Saint-Brice à Tournai. Leur emplacement en périphérie de la tombe de Childéric Ier, roi franc et père de Clovis, laisse supposer que ces équidés ont été sélectionnés à l’occasion de ses funérailles en 481-482 après J.-C. À l’image du cheval exposé, ils présentent un bon état de santé général, à l’exception des lésions vertébrales qui témoignent d’une probable utilisation comme monture. ❧

Vierge de l’Apocalypse. Musée L. Pays-Bas méridionaux, Limbourg, 2e quart du 16e s. Chêne polychromé. N°Inv. VH442. Legs F. Van Hamme (l’œuvre originale est exposée au Musée L, Place des sciences à LLN).

Le vêtement présente un drapé moins autonome par rapport au corpus que dans les périodes précédentes. Le manque de fluidité, la raideur de la sainte et les plis curvilignes schématiques indiquent un atelier régional. Des plis en U en bec et en cône se distinguent dans le bas de la robe. ❧

Chapiteau en marbre blanc. Collection privée. Un chapiteau en marbre blanc à feuilles stylisées (30x20x37 cm) ; daté entre la deuxième moitié du IIIe siècle au début du IVe  siècle ap. J.-C. ; provenance inconnue (Rome ?).

Ce chapiteau, de petites dimensions, devait probablement soutenir une arcade d’une riche maison romaine. La schématisation des éléments végétaux qui le caractérisent et la rigidité des formes sont l’indice d’une datation relativement tardive, à un moment où l’art romain privilégie le fond à la forme par des représentations plus rigides et épurées, ouvrant la voie à l’art médiéval. ❧

Didrachme de Tarente. Collection privée. Un didrachme (7,68 gr, argent) de Tarente, datée entre 480 et 430 av. J.-C. ; provient du Sud de l’Italie (Calabre).

Cette monnaie d’argent (didrachme, une double drachme) provient d’une des plus importantes colonies grecques du sud de l’Italie, fondée à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. par les Spartiates. L’emblème de la ville de Taras (Taranto aujourd’hui, dans les Pouilles) est son héros éponyme, fils de Poséidon et d’une nymphe. Il est représenté sur les monnaies de la ville chevauchant un dauphin, avec l’inscription TAPAƩ. Au revers est représentée, dans ce cas-ci, la fierté de l’armée tarentine, sa cavalerie. ❧

Dupondius de Néron. Collection privée. Un dupondius (14,3 gr, orichalque) de Néron, daté des années 64-67 ap. J.-C. et frappé à Lugdunum (Lyon), avec au droit le portrait de l’empereur et au revers une Victoire ailée tenant une palme et une couronne ; provenance inconnue.

Le dupondius est une monnaie romaine de la valeur de deux as ou, sous l’Empire, d’une demie-sesterce. Facilement reconnaissable grâce à sa couleur jaune (due à son alliage, en cuivre et zinc) et à la couronne radiée de l’empereur, il s’agit d’une des monnaies les plus courantes du système monétaire romain, spécialement après les réformes d’Auguste. Le dupondius sera frappé dans tout l’empire, comme l’atteste cet exemplaire de Lugdunum (Lyon), et constitue un des principaux vecteurs de diffusion et de propagande du portrait impérial auprès de la population. ❧

Tractatus de alimentis plenissimus. Collection privée. G. P. Sordi, Tractatus de alimentis plenissimus, et omni homini generi, praesertim in praxi et foro, utilissimus, Lyon (Horace Cardon imprimeur), édition de 1602.

Cet ouvrage est un traité de droit romain consacré à la législation relative à la famille et aux relations entre époux, parents et enfants, ainsi qu’à l’application de ces lois dans les différentes législations de l’Italie du XVIe siècle. Depuis sa première édition en 1594, l’ouvrage de Giovanni Pietro Sordi fut réédité de nombreuses fois et partout en Europe, comme pour cet exemplaire, qui fut imprimé par Horace Cardon, riche imprimeur lyonnais proche du roi de France Henri IV. ❧

Coupe à boire (kylix ansé). Collection privée. Une coupe à boire (kylix ansée) à vernis noir ; IVe siècle av. J.-C. ; provenance inconnue (Sud de l’Italie, Apulie ?).

Cette petite coupe, appelée kylix, était utilisée dans les banquets, que les Grecs appelaient symposia. Ces derniers faisaient partie intégrante de la vie des citoyens, qui se réunissaient, couchés sur des klinai, pour boire du vin en discutant de politique, d’art et de poésie. On retrouve beaucoup de vaisselle de banquet dans les tombes également, comme offrande au défunt pour qu’il continue à festoyer dans l’au-delà. ❧