Formation en Biologie Végétale

IV. Les Gymnospermes

D. Traits essentiels et principaux acquis du cycle de développement des Gymnospermes

(1) La réduction du nombre de mégaspores est accentuée à l'extrême puisque une seule mégaspore par mégasporange devient le sac embryonnaire. Ce qui était l'exception chez les Ptéridophytes hétérosporés constitue ici la règle.

(2) La protection de la mégaspore et du sac embryonnaire qu'elle renferme, s'accentue et elle n'est plus vouée à la dissémination. Elle est soudée aux tissus du nucelle et ne peut être libérée isolément. L'homologie avec la mégaspore des Ptéridophytes hétérosporés est cependant évidente puisqu'un épaississement de la paroi mégasporale est encore observé dans quelques cas.

(3) Le prothalle mâle est particulièrement réduit. Au mieux, il est constitué de 8 (Podocarpus) ou de 10 à 15 (Araucaria) cellules ou, éventuellement, de noyaux libres. La réduction de l'anthéridie est encore plus poussée que chez la Sélaginelle.

(4) Les gamètes mâles ne sont plus que rarement ciliés. Dans tous les cas, ils sont conduits à destination par le gamétophyte mâle qui est disséminé, et éventuellement par le développement végétatif du tube pollinique (siphonogamie), et non plus exposés aux aléas du chemin à parcourir. La réduction du nombre de cellules reproductrices est donc compensée par une plus grande protection et sécurité de leur destinée.

(5) La graine est un mégasporange tégumenté (ovule) contenant une unique mégaspore ayant engendré un prothalle nourricier (aux dépens du nucelle, c'est-à-dire du mégasporange proprement dit) et abritant un embryon dérivant du zygote. C'est donc un organe de dissémination complexe dont les différentes parties constitutives sont d'origine et de nature variables.

(6) Le tégument, parfois appelé spermoderme, appartient à la plante-mère, c'est-à-dire au sporophyte. Sous le tégument persiste une portion du nucelle plus ou moins amincie, parfois très comprimée et vidée de sa substance : c'est ce qui reste du sporange et sa nature est également sporophytique. L'endosperme est la partie végétative du prothalle : il appartient au gamétophyte et est donc haploïde. Enfin, l'embryon vient de l'oeuf fécondé : il est diploïde et représente le sporophyte en devenir.

(7) Au sein de la graine, 3 générations au sens de l'alternance des phases sont donc représentées : le sporophyte grand-maternel, le gamétophyte maternel et l'embryon, le nouveau sporophyte, sur lequel repose la destinée de la filiation.
« Mère et grand-mère veillent sur le berceau où grandit l'enfant dans sa prime jeunesse » (J. DESLOOVER)

 

E. La diversité au sein des Gymnospermes