Hémolytique et urémique,  syndrome

(maladie du hamburger, maladie du radis, maladie de Gasser, syndrome de Moschowitz, SHU  pour Syndrome Hémolytique et Urémique)

Première cause d’insuffisance rénale aiguë chez l’enfant de moins de 3 ans.

Clinique :

* SHU atypique 1 (20-30%) : dysfonction du facteur H [MIM 609 814235 400] suite à une mutation du gène HF1, CFHR3 ou CFHR1 en 1q31.3: perte de régulation de l’activation de la voie alterne du complément par le facteur H : infections récurrentes par des bactéries encapsulées comme H influenzae ou S pneumoniae; début avant 3 mois ; insuffisance rénale rapidement terminale

* SHU atypique 2 (10-15%) : dysfonction d’une protéine cofacteur de membrane CD46 [MIM 612 922], mutation du gène MCP en 1q32.2

* SHU atypique 3 (10%) : dysfonction du facteur I [MIM 612 923], mutation du gène CFI en 4q25 : début avant 3 mois ; insuffisance rénale rapidement terminale

* SHU atypique 4 (1%) : dysfonction du facteur B [MIM 612 924], mutation du gène CFB en 6p21.33 

* SHU atypique 5 : dysfonction de C3 [M (10%) IM 612 925], mutation du gène C3 ou ARMD9 en 19p13.3 : début dans l’enfance

* SHU atypique 6 mutation de la thrombomoduline (5%) [MIM 612 926], mutation du gène THBD en 20p11.21: début dans la petite enfance

* SHU atypique 7 [MIM 615 008] ; mutation du gène DGLE en 17q22,  qui entraîne des épisodes de SHU dans la 1ère année de vie et un syndrome néphrotique dans la 1re décennie ; image de glomérulonéphrite membranoproliférative

* déficit en métalloprotéase spécifique du clivage du facteur von Willebrand (ADAMTS codé  en 9q34.2) transmission autosomique récessive [MIM 274 150] : début dans la petite enfance

 * anomalie du métabolisme de la vitamine B12 (mutations de la cobalamine C), transmission autosomique récessive : déficit fonctionnel de méthylcobalamine CoAmutase et de la méthionine synthase suite à une mutation du gène MMACHC en 1p23.2 qui entraîne une acidémie méthylmalonique avec homocystinurie (voir ces termes). Un SHU précoce (premiers mois de vie) est présent dans environ 25% des cas. Traitement : vitamine B12, acide folique et bétaïne. Parfois lésions artérielles pulmonaires.

* forme autoimmune avec autoanticorps antifacteur H (10%) : traitement par corticoïdes et immunosuppresseurs 

*  forme d’origine médicamenteuse

Certains présentent également une atteinte d’artères de plus gros calibre (gangrène). Évolution vers l’insuffisance rénale chronique dans la majorité des cas avec, dans 60% des cas, récidive de la maladie après greffe rénale. Traitement : en cas d’anomalie du complément, perfusions de plasma (+ antibiotiques et gammaglobulines si nécessaire) et début précoce d’un traitement par éculizumab (Soliris®) (anticorps monoclonal recombinant qui inhibe le clivage de C5 en C5b). Un traitement au long cours par éculizumab permet de stabiliser la maladie et d’éviter une récidive de la maladie chez les greffés rénaux. Dans ce cas, il faut prévoir une vaccination contre le méningocoque !

Implications anesthésiques


Références : 

-        Tobias JD. 
Hemolytic-uremic syndrome and myocardial dysfunction in a 9-month-old boy. 
Pediatr Anesth 2007; 17: 584-7.

-         Malina m, Gulati A, Baga A, Majid MA, Simkova E, Schaefer F. 
Peripheral gangrene in children with atypical hemolytic uremic syndrome. 
Pediatrics 2013 ; 131 : e331-5.

-        Loirat C, Mariani-Kurkdjian P, Fremeaux-Bacchi V. 
Le syndrome hémolytique-urémique en 2013. 
Arch Pédiatr 2013 ; 20 : 827-30.

-         Ben Abdallah Chabchoub R, Boukedi A, BenSalah A, Maalej B et al. 
Syndrome hémolytique et urémique atypique et déficit en ADAMTS13. 
Arch Pédiatr 2013 ; 20 : 853-7.

-         Park S-H, Kim G-S. 
Anesthetic management of living donor liver transplantation for complement factor H deficiency hemolytic uremic syndrome: a case report. 
Korean J Anesthesiol 2014; 6: 481-5.


Mise-à-jour  septembre 2014